Matériels biologiques et conditions d’élevages
La population naturelle choisie est située à Oued Maltine (région de Sfax, sud tunisien) . Le cycle de reproduction a été étudié pendant l’année 2001 et au début de 2002. Les prélèvements de 100 à 150 individus de 30 à 46 mm (de longueur de coquille) ont été mensuels de janvier à mai et bimensuels de juin à décembre, suivis de deux prélèvements mensuels en janvier et février 2002. Le conditionnement des géniteurs originaire de l’Oued Maltine (150 individus de 30 à 46 mm) a été effectué du :
• 15 janvier au 15 mai pour 2001 (conditionnement hiver – printemps)
• 06 février au 07 mai pour 2002 (conditionnement hiver – printemps)
• 10 juillet au 25 octobre pour 2001 (conditionnement été – automne).
Le conditionnement a été effectué dans l’écloserie expérimentale de Monastir , dépendant de l’Institut National des Sciences et Technologie de la Mer (INSTM), suivant le protocole défini par Medhioub et al. (2000). En particulier la température était maintenue à 21 ± 1°C, la salinité à 30 ± 1 ‰ et l’éclairement était continu. L’alimentation était constituée d’un mélange d’algues unicellulaires Chaetoceros calcitrans et Isochrysis galbana. La ration alimentaire était de 1 109 cellules par individu et par jour. Le milieu était renouvelé toutes les 24 heures. Au cours de ces périodes, 10 individus ont été prélevés 2 fois par mois .
Paramètres étudiés
Indice de condition
L’indice de condition (IC) choisi pour décrire le cycle de reproduction est celui proposé par Beninger (1984). Son suivi permet de connaître les étapes de la gamétogenèse et les périodes des émissions gamétiques. L’IC correspond au rapport du poids sec des tissus sur le poids sec de la coquille multiplié par 100. Il a été calculé pour 10 palourdes prises au hasard. Le poids des tissus secs est obtenu après passage à l’étuve à 60°C pendant 24h (IC ± 0,1g près).
Histologie classique
Dix palourdes ont été choisies d’une façon aléatoire. Après identification du sexe par frottis, la masse viscérale des mâles et des femelles, a été fixée dans du liquide de Bouin. Les pièces ont été ensuite déshydratées dans une série de bains d’alcool de concentration croissante puis dans le toluène. Les tissus ont été ensuite imprégnés et inclus dans la paraffine.
Des coupes de 7 µm d’épaisseur ont été réalisées au microtome, puis montées sur lames avant coloration par l’hématoxyline-éosine (Gabe, 1968). Les coupes ont d’abord été déparaffinées pour réhydrater les tissus. Ainsi, elles subissent différents bains de xylène, puis d’éthanol de degré décroissant (100°, 95° puis 70°) et enfin d’eau distillée. Elles sont ensuite colorées par l’hématoxyline de Harris et l’éosine, avant d’être à nouveau déshydratées par des bains d’éthanol de degré croissant et de xylène . Cette coloration, reconnue comme un standard chez les bivalves, contraste clairement les différents tissus.
Analyses d’images
Pour les femelles, la taille des ovocytes a été mesurée par analyse d’images. Les lames ont été placées sous un microscope équipé d’une caméra CCD. Les images ainsi obtenues ont été traitées à l’aide du logiciel IMAQ VISION (National Instrument). De 100 à 150 ovocytes présentant un nucléole visible ont été sélectionnés par femelle. La mesure effectuée par l’analyseur était celle de la surface de la section ovocytaire (S) à partir de laquelle a été déduit le diamètre ovocytaire équivalent (DO), par extrapolation à un disque de surface équivalente, suivant la formule : DO = √ (4 × S/ π). Ainsi le diamètre ovocytaire moyen (DOM) correspond à la moyenne des diamètres ovocytaires mesurés sur l’ensemble des femelles échantillonnées.
Échelle de maturité
L’évaluation de l’état de maturité sexuelle des mâles et des femelles est inspirée de la classification de Lango-Reynoso et al. (2000) qui décrit chez l’huître Crassostrea gigas, quatre stades de développement en fonction des caractéristiques histologiques de la gonade et du diamètre ovocytaire moyen (DOM) : début de la gamétogenèse (DG), vitellogenèse (V) ou croissance (C), maturation (M) et dégénérescence (D) (Tab. 3A/B, Fig. 3 A/B). La taille des ovocytes en dégénérescence n’a pas été mesurée à cause de la non conformité de leur aspect (déchirés ou éclatés). Cette phase a été détectée seulement pendant la période des émissions gamétiques en milieu naturel ou suite à des émissions en milieu contrôlé, mais jamais au cours du conditionnement. Pour les mâles, seule une analyse qualitative, basée sur l’observation et l’interprétation des coupes histologiques est réalisée (Fig. 3B). Les résultats qui concernent la description de leur cycle de reproduction et l’évaluation de leur état de maturité n’ont pas été exploités dans ce présent travail.
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Table des matières
INTRODUCTION
CHAPITRE 1 : ÉTUDE COMPARATIVE DU CYCLE DE REPRODUCTION DE LA PALOURDE RUDITAPES DECUSSATUS EN MILIEU NATUREL (SUD TUNISIE) ET EN MILIEU CONTRÔLÉ (ÉCLOSERIE)
1.1. Introduction
1.2. Matériels et méthodes
1.2.1. Matériels biologiques et conditions d’élevages
1.2.2. Paramètres étudiés
1.2.3. Analyses statistiques
1.3. Résultats
1.3.1. Cycle de reproduction en milieu naturel
1.3.1.1. Indice de condition
1.3.1.2. Évolution du diamètre ovocytaire moyen
1.3.1.3. Distribution de fréquence des diamètres ovocytaires
1.3.1.4. Évolution des stades reproductifs
1.3.2. Cycle de reproduction en milieu contrôlé
1.3.2.1. Indice de condition
1.3.2.2. Évolution du diamètre ovocytaire moyen
1.3.2.3. Distribution des fréquences des diamètres ovocytaires
1.3.2.4. Évolution des stades reproductifs
1.4. Discussion et conclusion
CHAPITRE 2 : ÉVALUATION DE LA COMPÉTENCE DES OVOCYTES À LA FÉCONDATION PAR LA SÉROTONINE (5-HT)
2.1. Introduction
2.2. Matériels et méthodes
2.2.1. Conditions expérimentales
2.2.2. Méthodes utilisées
2.2.2.1. Obtention des gamètes
2.2.2.2. Tests d’induction à la GVBD
2.2.2.3. Tests de fécondation
2.3. Résultats
2.3.1. Induction à la GVBD
2.3.1.1. Effet de la sérotonine
2.3.1.2. Effet du temps
2.3.2. Tests de fécondation
2.4. Discussion et conclusion
CHAPITRE 3 : ÉVALUATION DES PARAMÈTRES IMMUNITAIRES DE R. DECUSSATUS IN SITU ET EN CONDITIONNEMENT : RELATION AVEC SON CYCLE SEXUEL.
3. 1. Introduction
3.2. Matériels et méthodes
3.2.1. Matériels biologiques et conditions d’élevages
3.2.2. Paramètres étudiés
3.2.2.1. Étude du cycle de reproduction
3.2.2.2. Diagnostic du système immunitaire
a. Prélèvement de l’hémolymphe
b. Choix du fixateur
c. Concentration hémocytaire totale (CHT) et différentielle (CHD)
d. Dosage des protéines sériques
e. Mesure de l’activité de la phosphatase acide dans le sérum
3.2.3. Analyses statistiques
3.3. Résultats
3.3.1. Paramètres immunitaires en milieu naturel
3.3.1.1. Paramètres cellulaires
3.3.2. Paramètres immunitaires en milieu contrôlé : hiver 2002
3.3.2.1. Paramètres cellulaires
3.3.2.2. Paramètres biochimiques
3.3.2.3. Relation entre paramètres immunitaires et paramètre de suivi du cycle sexuel
3.3.3. Paramètres immunitaires en milieu contrôlé : été 2002
3.3.3.1. Paramètres cellulaires
3.3.3.2. Paramètres biochimiques
3.3.3.3. Relation entre paramètres immunitaires et paramètres de suivi du cycle sexuel
3.4. Discussion
3.5. Conclusion
CONCLUSION GÉNÉRALE
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