La forêt
Selon la FRA6, la forêt est définit comme « les terres occupant une superficie de 0,5 hectare avec des arbres atteignant une hauteur supérieur à cinq (5) mètres et un couvert arboré de plus de dix pour cent, ou avec des arbres capables d’atteindre ces seuils in situ. Sont exclues les terres à vocation agricole ou urbaine prédominante » (FRA, 2015). En principe, la forêt est déterminée par la présence d’arbres et donc l’absence des autres occupations (utilisations) permanentes des terres. Mais les zones non boisées pendant une période déterminée à cause d’une coupe temporaire (par exemple à cause de la décision politique) et prévue d’une régénération naturelle dans cinq ans y sont compris. En plus, lescouvertes d’arbres jeunes n’ont pas atteint la hauteur de cinq mètres mais ces arbres sont capables d’atteindre cette hauteur y sont aussi compris. De même, les zones où il y a une culture itinérante abandonnée sont inclues à condition qu’il y a une régénération et les nouvelles générations sont capables d’atteindre la hauteur de cinq mètres. En un mot, toute catégories des plantions accomplis les conditions précédentes sont incluses sauf les arbres dans la plantation agricole, la plantation des arbres fruitiers, la plantation de palmiers à huile, etc. il y a plusieurs catégories des forêts qui peuvent être naturelles ou plantées, introduites ou indigènes :
La forêt primaire : Elle est définie par la FRA comme « la forêt naturellement régénérée d’espèces indigène où aucune trace d’activité humaine n’est clairement visible et où les processus écologiques ne sont pas sensiblement perturbés » (FRA, 2015). Ce type de forêt est caractérisé par le caractère naturel de ses compositions, sa répartition et son processus de régénération. Une forêt est dit primaire s’il n’y a pas encore d’intervention humaine ou l’intervention est déjà passée très long temps.
Les espèces introduites : « Espèces, sous espèces ou taxons inferieurs se trouvant en-dehors de son aire de répartition naturelle (passé ou actuelle et dissémination potentielle (par exemple en-dehors de son aire qu’elle occupe naturellement, ou pourrait occuper, sans introduction directe/indirecte ou intervention humaine) » (FRA, 2015).
Les espèces introduites naturalisées : « Autres forêts naturellement régénérées où les espèces d’arbres sont, de façon prédominante, non autochtone et qui ne nécessitent pas d’intervention humaine pour se maintenir/reproduire au cours du temps » (FRA, 2015).
Autres forêts naturellement régénérées : « Forêts naturellement régénérées où les traces d’activités humaines sont clairement visibles » (FRA, 2015). Cette catégorie inclut les zones ayant fait l’objet de « coupe sélective » et inclut aussi les terres anciennement agricole etc. c’est-à-dire les générations apparues à une certaine période après la déforestation ou le déboisement.
Autres forêts naturellement régénérées d’espèce introduite : « Autres forêts naturellement régénérées où les arbres sont en prédominance d’espèces introduites » (FRA, 2015). C’est-à-dire, les arbres introduits doivent atteindre au moins 50 pour cent de la totalité des arbres.
Autres forêts naturellement régénérées d’espèces introduites naturalisées : « Autres forêts naturellement régénérées où les arbres sont en prédominances des espèces introduites naturalisées » (FRA, 2015). Autrement dit, ce sont des espèces introduites et à partir de ces espèces, il y a une régénération naturelle sans intervention humaine.
La forêt plantée : C’est une « forêt à prédominance établi par la plantation et/ou ensemencement délibérée » (FRA, 2015). C’est-à-dire, au moins 50 pour cent des arbres que constitue la forêt doivent être plantées grâce à l’intervention humaine. Ainsi, en principe, la régénération des espèces nécessite l’intervention humaine.
La forêt plantée d’espèce introduite : C’est une « forêt plantée où les arbres plantés/semés sont à prédominance d’espèces introduites » (FRA, 2015). Dans cette sous-catégorie, il faut qu’au moins 50 pour cent des espèces plantées doivent être introduites.
Historique du Développement durable
Durant des longues périodes, toutes les études économiques sont orientées surtout dans la recherche de la croissance et du développement économique, sans considération de ses limites. Tout le monde n’est pas conscient sur les dangers causés par les activités polluantes humaines (déforestation, émissions des GES). Ainsi, tous les pays (les pays développés actuels) ont couru dans la recherche de la croissance économique, sans pris en compte de ses effets négatifs sur l’environnement. En plus, grâce aux deux révolutions successives, « révolution agricole » 10 et « révolution industrielle » 11, la situation de vie des hommes a été améliorée (augmentation de revenu, diminution des chômeurs, etc.). Ces révolutions ont également suscité une croissance de la population dont le taux est de plus en plus élevé. Il est inévitable que l’accroissement de la population et la croissance économique poussent à l’augmentation d’autres variables économiques comme la demande de la nourriture, la consommation des matières premières, l’utilisation de l’énergie et le rejet des déchets et donc l’aggravation de la pollution. La réflexion a orienté alors sur les limites de l’expansion économique considérable ainsi, la politique de développement économique source de la destruction de l’environnement et l’épuisement des ressources naturelles. Cette prise de conscience pousse les Nations Unies de consacrer des fonds dans le but de conserver les ressources naturelles, d’organiser plusieurs réunions et conférences, de mettre en place des conventions internationales etc. Le développement durable est marquée par la présence de plusieurs étapes d’histoire que l’on va mentionner ci-dessous :
Rapport de l’UICN en 1951 Dès 1951, l’UICN (Union international pour la Conservation de la Nature) a publié son premier rapport sur l’état de l’environnement dans le Monde, c’est un rapport qui a pour objectif de la recherche de réconciliation de l’économie et la nature.
Club de Rome en 1970 En 1970, le club de Rome, après ses études sur les conséquences à long termes de la croissance de la démographie et de l’économie mondiale, a dénoncé les dangers d’une croissance économique exponentielle, qui sont les principales sources de l’épuisement des ressources énergétiques, de l’aggravation de la pollution de l’atmosphère et de la surexploitation des ressources forestières. Les années 70 sont des années marquées par une grande réflexion sur les effets néfastes des activités économiques générant des atteintes à l’environnement (déchets, fumées d’usine, pollutions des cours d’eau, émission des gaz GES) et marquées aussi par les premiers Accords Multilatéraux sur l’environnement (AME) adoptés par les Nations Unies.
Conférence de Stockholm (1972) Les Nations Unies ont organisé la première conférence concernant l’environnement humain en 1972 qui est tenue à Stockholm. C’est une conférence qui consiste à réexaminer la relation entre l’environnement (la nature) et le développement économique (leurs conséquences sur l’environnement) qui est le résultat des activités économiques. Lors de cette conférence, on a introduit un modèle de développement économique qui prend en considération l’équité écologique dans la recherche du développement et croissance économique. Donc grâce à cette conférence, il est apparu le concept de l’ « écodéveloppement12 ». Cette conférence a abouti à la création du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Après la découverte des conséquences dangereuses des pollutions sur la planète : « trou » dans la couche d’ozone, pluie acide, désertification, effet de serre, déforestation, etc. L’ « écodéveloppement », exige l’aspect écologique. Donc l’écodéveloppement est un développement qui a pour objectif de réconcilier deux dimensions opposantes : la dimension économique d’une part et la dimension écologique d’autre part. Il a remis en cause aussi les modes de développement dans tous les pays tant le Nord que le Sud du monde qui sont les sources de la dégradation environnementale. A l’origine, la conférence de Stockholm est consacrée à l’environnement mais à cause de ce lien entre l’environnement et le développement, notamment les activités économiques polluantes, le développement est considéré comme objet de la conférence. En d’autres termes, la mise en cause des activités économiques qui ont des effets polluants sur l’environnement fait naitre la question d’ « écodéveloppement » dans cette conférence. Toutefois, dû à la conférence animée par Henry Kissinger13, en 1974, qui est tenu à Cocoyoc, la notion d’ « écodéveloppement » a pris sa fin. Car il ne prend pas en considération que l’économie et l’environnement sans considérer l’équité sociale qui est la fin des activités économiques. Alors, il est remplacé par le mot anglais « sustainable development»
Rapport de Brundtland (1987) La publication, par la Commission Mondiale sur l’Environnement et le Développement, d’un rapport (rapport de Brundtland) qui est intitulé « Notre avenir à tous » fait naitre l’expression anglaise « Sustainable development ». Cette expression a été traduite en français par l’expression « développement soutenable » au début et puis par l’expression « développement durable ». Cette expression a apparu pour la première fois en 1980 avec l’union internationale de la conservation de la nature (UICN). Mais quelques années plus tard, notamment en 1987, elle a réapparu dans le rapport de Brundtland.
Le sommet de Rio de 1992 Les Nations Unies ont organisé la deuxième conférence sur l’environnement et le développement, en 1992, qui a été tenu à Rio, qui est appelé aussi « Sommet de la Terre ». C’est une réunion qui a vu des 173 chefs d’Etats participants. On peut résumer en quatre grands points ceux qui sont retenus pendant cette conférence de Rio :
-Déclaration des Nations Unies sur l’environnement et le développement économique
-La convention internationale sur le changement climatique, c’est-à-dire, incitation des pays riches de limiter le taux d’émissions des Gaz à Effet de Serre au même niveau que celle de 1990.
-Convention sur la biodiversité : l’objectif est d’inciter les pays de conserver et de gérer de façon durable la biodiversité ainsi que de partager de façon équitable entre tous les membres de la société.
-Déclaration des Nations Unies les principes relatifs aux forêts.
Les Etats présent ont signé l’ « agenda pour le 21ème siècle15 » qui est appelé aussi « agenda 21 ». Cette convention est un engagement mais non contraignant. Donc à cause de son caractère non contraignant, les pays n’ont pas obligé d’appliquer ou non ceux qu’ils ont signé, et la non-participation des grands pays comme les Etats Unis peuvent être un signe de sa défaillance.
Le Protocole de Kyoto (1998) En décembre 1997, après la défaillance de la convention sur les changements climatiques signée à Rio, le protocole de Kyoto est apparu comme complément de celle de Rio. Cette nouvelle convention impose aux pays industrialisés de réduire leurs Emissions des « Gaz à Effet de Serre au moins 5% par rapport au niveau de 199016 ». La Russie n’a ratifié cette convention qu’en 2004 tandis que les Etats Unis n’ont pas fait.
Environnement : facteur de production substituable avec autres facteurs
Les néoclassiques aussi d’accord à l’idée de la soutenabilité faible. Plus précisément, ils partagent avec la soutenabilité faible sur la substituabilité ou l’interchangeabilité entre les trois stocks des capitaux c’est-à-dire le stock de capital humain, le stock de capital économie et le stock de capital environnement. En d’autres termes, grâce au développement des sciences et des technologies, la diminution du stock de capital environnement n’est pas un problème pour les partisans de la durabilité faible. Par exemple, un agriculteur exploite la forêt au voisinage de son terrain agricole. Cette action provoque l’érosion de la surface forestière en pente et donc l’ensablement de ce terrain agricole en question. Après quelques années plus tard, la productivité de ce terrain va diminuer. Mais grâce au développement de la recherche en matière agricole, cet agriculteur peut utiliser des agrès chimiques pour remédier la capacité de cette terre à produire la même quantité qu’auparavant. Donc, pour l’économiste environnementaliste, une économie est soutenable si la totalité de stock global du capital ne diminue pas au fil du temps.
L’institutionnalisme originaire
C’est une branche d’économie institutionnelle basée sur l’approche méthodologique appelée « holisme ». Pour cette approche, le choix individuel est déterminé par des normes sociales, lois et des institutions. L’action collective est distincte de celle prise dans le cadre individuel. L’économie institutionnelle est une approche évolutionniste, basée sur l’observation empirique et la déduction des faits. Concernant l’environnement, pour l’économiste institutionnaliste, l’économie n’est pas un système isolé, au contraire, elle appartient dans l’écosystème et l’environnement naturel n’est pas un variable. En plus, ils refusent l’internalisation des externalités comme meilleur solution pour le problème de soutenabilité du développement. La position de l’économiste institutionnalistes tourne au tour des trois axes :
– Les phénomènes environnementaux ne sont pas externes de l’économie, car les externalités influencent directement l’économie et les institutions des agents même qu’ils n’ont pas de valeur marchande.
– Il est impossible de donner une valeur monétaire à des effets externes.
– Les payeurs peuvent souvent fausser la « vraie valeur » des externalités.
Donc, la solution des problèmes environnementaux n’est pas économique mais institutionnelle. « La question environnementale pose immédiatement des questions d’équité intergénérationnelle, d’importance des êtres vivants non humains ainsi que de la capacité humaine à valoriser de façon adéquate les phénomènes environnementaux » (Belpaire, 2013).
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Table des matières
INTRODUCTION
PARTIE I REVUE DE LA LITTERATURE
chapitre IConcepts et définition autours de la forêt et du développement durable
section I Concepts et définitions atours de la forêt et la déforestation
1.1 La forêt
1.1.1 La forêt primaire
1.1.2 Les espèces introduites
1.1.3 Les espèces introduites naturalisées
1.1.4 Autres forêts naturellement régénérées
1.1.5 Autres forêts naturellement régénérées d’espèce introduite
1.1.6 Autres forêts naturellement régénérées d’espèces introduites naturalisées
1.1.7 La forêt plantée
1.1.8 La forêt plantée d’espèce introduite
1.2 Les rôles de la forêt
1.2.1 Les services d’approvisionnement
1.2.2 Les services écologiques
1.2.3 Les services culturels
1.2.4 Les services d’appui
1.3 La déforestation
1.3.1 La dégradation de la forêt
1.3.2 Le déboisement
section II Définition et concepts autours du développement durable
2.1 Définition
2.2 Historique du Développement durable
2.2.1 Rapport de l’UICN en 1951
2.2.2 Club de Rome en 1970
2.2.3 Conférence de Stockholm (1972)
2.2.4 Rapport de Brundtland (1987)
2.2.5 Le sommet de Rio de 1992
2.2.6 Le Protocole de Kyoto (1998)
2.3 Caractéristiques du développement durable
chapitre II Approches théoriques autours de la question environnementale et du développement durable
section III Les anciennes théories économiques
3.1 Les physiocrates et l’ordre naturel
3.2 Approches classiques
3.2.1 L’approche optimiste d’Adam Smith
3.2.2 L’approche pessimiste de T. R. Malthus et D. Ricardo
3.2.2.1 Le principe de la population de T. R Malthus
3.2.2.2 La loi des rendements décroissants de D. Ricardo
section IVLes théories économiques récentes
4.1 L’économie environnementale (Approche néoclassique de l’environnement)
4.2 Approches hétérodoxes
4.2.1 L’ancienne économie institutionnelle et la nouvelle économie institutionnelle
4.2.1.1 L’institutionnalisme originaire
4.2.1.2 La nouvelle économie institutionnelle
4.3 L’économie écologique
PARTIE II CONTEXTE NATIONAL ET ANALYSE DES IMPACTS DES ACTIVITES CONTRIBUANT A LA DEFORESTATION
Chapitre I Contexte national de Madagascar
Section I Contexte économique et social de Madagascar
1.1 Contexte sociale
1.11 La pauvreté à Madagascar
1.12 La situation de l’emploi à Madagascar
1.13 La situation de l’éduction à Madagascar
1.2 Contexte économique
1.21 Le PIB de Madagascar
1.22 La place des trois secteurs dans l’économie malagasy
Section II Contexte sur couverture forestière de Madagascar
2.1 Evolution de la couverture forestière de Madagascar
2.2 Comparaison de la couverture forestière de Madagascar par rapport aux trois autres pays de la COI: surface forestière en pourcentage du territoire
2.3 Les différentes causes de la déforestation à Madagascar
2.31 La culture sur brûlis « TAVY »
2.32 Les exploitations minières
2.33 La production des charbons de bois
2.34 Les feux de brousse
Chapitre II Analyse des impacts des activités économiques contribuant à la déforestation sur le développement durable et suggestion
Section III Analyse des impacts des activités économiques contribuant à la déforestation sur le développement durable
3.1 Analyses des impacts des exploitations minières sur le développement durable
3.11 Participation minime du secteur minier sur la croissance économique
3.12 Secteur minier : promoteur des infrastructures contribuant à la déforestation
3.13 Secteur minier : source du capital humain mais non significative à Madagascar
3.14 Secteur minier : créateur d’emploi à court terme mais une source de chômage à long terme
3.2 Analyse des impacts du « tavy » sur le développement durable
3.3 Analyse des impacts de la production des charbons du bois sur le développement durable
Section IV Quelques suggestions
4.1 Importance de la reduction de la dépendance au « tavy »
4.2 Importance de la reduction de la dépendance à l’exploitation minière contribuant à la déforestation
4.3 Importance des activités de reforestation
4.4 Importance de la règlementation et l’exécution des lois (amandes et récompenses)
BIBLIOGRAPHIE
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