Le cancer bronchique primitif (CBP) est classé en cancer broncho-pulmonaire à petites cellules (CBP-PC) 13% et cancer broncho-pulmonaire non à petites cellules (CBP-NPC) 87%. C’est une pathologie fréquente qui en termes d’incidence, se situe au quatrième rang des cancers en France, tous sexes confondus [1]. C’est aussi et surtout la première cause de décès par cancer dans le monde [2].
Le cancer du poumon est au premier rang des cancers accessibles à la prévention, étant donné que le tabagisme est de loin son principal facteur de risque. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que 80% des cancers du poumon sont imputables au tabac .
RAPPELS SUR LE CANCER DU POUMON
Epidémiologie
Le cancer du poumon est la première cause de décès par cancer dans le monde. Chez la femme, il est en progression constante : son incidence a triplé ces 20 dernières années [2]. Avec environ 39 500 nouveaux cas estimés en 2011, dont 70% survenant chez l’homme, le cancer du poumon se situe au quatrième rang des cancers, tous sexes confondus, juste après le cancer colorectal (40 500 nouveaux cas). Il représente 11% de l’ensemble des nouveaux cas de cancers, tous sexes confondus. Chez l’homme, il se place au deuxième rang des cancers masculins avec 27 500 nouveaux cas, soit 13% de l’ensemble des cancers incidents masculins, derrière le cancer de la prostate (71000 nouveaux cas) et devant le cancer colorectal (21 500 nouveaux cas). Chez la femme, le cancer du poumon est le troisième cancer incident avec 12 000 nouveaux cas estimés en 2011, soit près de 8% de l’ensemble des cancers féminins, après le cancer du sein (53000 nouveaux cas) et le cancer colorectal (19 000 nouveaux cas). Près de la moitié (48%) des nouveaux cas de cancer du poumon se déclarent avant 65 ans. Les tendances évolutives de l’incidence du cancer du poumon entre 1980 et 2005 sont différentes selon le sexe. Chez l’homme, l’augmentation de l’incidence observée jusqu’à la fin des années 1990 s’est infléchie en 2000. En revanche chez la femme, l’augmentation de l’incidence observée lors des précédentes estimations se confirme avec un taux d’incidence passant de 3,6 en 1980 à 13,5 pour 100 000 en 2005. Avec environ 29 100 décès estimés en 2011 (dont 72% chez l’homme), le cancer du poumon constitue, tous sexes confondus, la première cause de décès par cancer en France, loin devant le cancer colorectal (17 500 décès) et le cancer du sein (11 500 décès). Il représente 20% de l’ensemble des décès par cancer. Chez l’homme, après avoir culminé lors de la période 1988-92, le taux de mortalité par cancer du poumon a diminué de manière régulière : il est passé de 47,7 à 42,3 pour 100 000 entre les périodes 1994-98 et 2004-08, soit une baisse de 11%.
En revanche, le taux de mortalité féminine par cancer du poumon a augmenté de manière importante, passant de 4,6 à 9,9 pour 100 000 entre les périodes 1984-88 et 2004-08, soit une augmentation de 115%. [3] Ces évolutions contrastées entre les deux sexes reflètent pour une grande part l’entrée plus récente des femmes dans le tabagisme (à la fin des années 60) et le déclin du tabagisme chez l’homme qui a fait infléchir la croissance de l’incidence du cancer masculin du poumon en France depuis 2000.
Facteurs de risque
Le facteur de risque principal du cancer bronchique, connu depuis les années 1950, est le tabac [4,5]. La durée pendant laquelle on fume semble plus importante que la quantité de cigarettes fumées, même si ce dernier est également à prendre en compte [6,7]. Les données françaises actualisées en 2008 confirment bien la relation entre consommation moyenne de cigarettes par jour et mortalité par cancer du poumon [8]. L’arrêt du tabagisme entraîne une diminution du risque, variable selon la durée du sevrage .
Concernant le tabagisme passif, l’argument essentiel sur son rôle dans la survenue du cancer bronchique tient dans le fait que des taux élevés de cotinine (métabolite de la nicotine) et de goudrons cancérigènes sont retrouvés dans les urines des sujets exposés au tabagisme environnemental [11]. Une méta-analyse publiée en 1997 regroupant 37 études épidémiologiques concluait à un excès de risque de cancer bronchique de 26% chez les non-fumeurs vivant au contact de fumeurs [12]. Une nouvelle méta-analyse publiée en 2000 retrouvait un excès de risque de 20% chez la femme exposée au tabagisme passif de son époux [13]. D’autres facteurs de risque du cancer bronchique ont également été mis en évidence, au niveau professionnel et environnemental. Les chiffres français sur les cancers professionnels en l’an 2000 rapportent que 2,5% de l’ensemble des cancers chez les hommes et 0,3% de l’ensemble des cancers chez les femmes étaient attribués à une origine professionnelle.
L’amiante est un cancérigène bronchique bien connu, son pouvoir cancérigène a été établi dans les années 1960. Le risque de cancer bronchique est corrélé à l’intensité de l’exposition. L’exposition à l’amiante et le tabagisme sont deux carcinogènes bronchiques synergiques. Parmi les autres cancérigènes, l’exposition à la silice a été identifiée comme facteur de risque de cancer bronchique. Plusieurs études semblent montrer un risque accru de cancer bronchique en cas d’exposition aux vapeurs diesel [14, 15]. Le nickel, le chrome et le cadmium ont été identifiés comme facteurs cancérigènes pulmonaires. Une méta-analyse récente a montré une augmentation du risque de cancer bronchique chez les peintres [16]. Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ont été incriminés. Le radon est le premier carcinogène domestique à l’origine de pollution intérieure. Le lien avec le cancer bronchique a d’abord été démontré chez les mineurs extrayant l’uranium et exposés à de fortes concentrations de radon. La pollution atmosphérique est incriminée en milieu urbain. Le rôle du cannabis dans la survenue d’un cancer bronchique est l’objet de controverses. Un biais est dû notamment au fait que dans la plupart des pays, le cannabis est fumé mélangé au tabac et dans ces conditions il est difficile d’identifier ce qui revient au cannabis. Beaucoup d’études ont porté sur le lien entre cancer bronchique et alimentation. Les faits les plus clairs portent sur le rôle préventif de la consommation de fruits et de végétaux, riches en antioxydants, qui auraient un effet protecteur .
Bilan diagnostique
Le diagnostic des cancers broncho-pulmonaires repose sur la classification anatomopathologique internationale de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), réactualisée en 2004 [18]. Cette classification est évoqué après l’analyse morphologique macroscopique et microscopique des tumeurs, standardisée et reproductible. S’il n’existe pas de morphologie évocatrice de différenciation malpighienne ou glandulaire sur les colorations classiques, il est recommandé de réaliser une étude en Immunohistochimie avec au minimum Mucines, TTF1, P 53 et Ck 5/6 .
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Table des matières
INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : RAPPELS SUR LE CANCER DU POUMON
1. Epidémiologie
2. Facteurs de risque
3. Bilan diagnostique
4. Méthodes de diagnostique
4.1 Tumeur proximale
4.2 Tumeur distale
4.3 Méthode opératoire
5. Classification histologique
5.1 Les cancers bronchiques à petites cellules
5.2Les cancers bronchiques non à petites cellules
5.2.1 Les différents types de CBP-NPC
5.2.2 Classification
6. Modalités thérapeutiques
6.1 Carcinomes bronchiques à petites cellules
6.2 Carcinomes bronchiques non à petites cellules
6.2.1 La chirurgie
6.2.2 Les chimiothérapies classiques
6.2.3 Les thérapies ciblées
DEUXIEME PARTIE : ETUDE PROPREMENT DITE
1. Matériels et méthodes
2. Résultats
2.1 Caractéristiques générales de la population d’étude
2.2 Habitudes toxiques
2.3 Comorbidités
2.4 Modalités de diagnostiques
2.5 Distribution des types histologiques
2.6 Localisation tumorale
2.7 Traitements reçus
2.8 Types de chimiothérapies utilisées
2.9 Cause de la non utilisation de traitement spécifique
TROISIEME PARTIE : DISCUSSIONS
1. Caractéristiques socio- démographiques
1.1 Genre
1.2 Age
1.3 Origine
2. Facteurs de risque
3. Modalités diagnostiques
4. Répartition des carcinomes bronchiques
5. Stratégie thérapeutique
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
ANNEXES