Précarité de la femme enceinte
L’absence d’entourage ou sa fragilité, des facteurs d’insécurité.
Un entourage familial inexistant ou peu présent constitue un risque de vulnérabilité important. Un soutien de mauvaise qualité et l’éloignement de la famille y participent aussi. Cet isolement est majoré par le manque de support extérieur.
« Le fait qu’elle soit seule, en soit, ça peut ne pas poser de problème. Ça dépend de pourquoi elle est seule, quel est son entourage familial, euh…comment elle est épaulée » MG1
« je dirais aussi les difficultés relationnelles de façon générale avec la famille, quand il n’y a pas de support derrière » MG7
L’absence de conjoint altère la sécurité de la femme. Celle-ci est particulièrement mise en danger quand le père s’est enfui au cours de la grossesse ou quand il a des problèmes d’addiction.
« Femme seule évidemment, avec ami ou conjoint déjà parti. Ou bien précaire…dont le conjoint est fragile. Problèmes de boisson ou problèmes de drogue, cannabis, etc… » MG2
Cet isolement, qu’il soit familial, conjugal ou social, est d’autant plus dangereux si la femme le subit et l’assume mal.
« Il y a des femmes qui vont bien assumer et d’autre moins » MG3
« je trouve qu’il y a quand-même de plus en plus de femmes seules, et qui ne sont pas forcément affectivement seule involontairement » MG5
La complexité de la structure familiale par la fragilité du couple, les violences et ruptures conjugales ou les pères multiples majorent la vulnérabilité.
« si elle a plusieurs enfants du même père ou de pères différents » MG10
« j’ai l’impression d’avoir constaté que s’il y avait une stabilité dans le couple avec un travail fixe pour l’un ou les deux compagnons, euh, les femmes se prennent plus en charge ou sont plus à l’écoute de leur corps » MG10
Ils s’entourent de professionnels de la périnatalité et proposent leur intervention pour assurer un suivi rapproché et complémentaire.
De façon globale, les médecins ne travaillent pas seuls : « je ne veux pas être toute seule. Enfin je ne suis jamais seule pour une grossesse, mais là encore moins » MG13.
Ils assurent les consultations en alternance avec les gynécologues et/ou les sages-femmes pour avoir 2 points de vue et pour un suivi plus rapproché. La visite de la sage-femme à domicile est favorisée pour apprécier le contexte de vie.
« Je partage la surveillance, avec ou une sage-femme, ou un gynéco en fait, en alternant une consultation sur deux en moyenne. Oui j’aime bien partager dans ce cas-là, un mois sur deux » MG9 « on travaille avec les sages-femmes, évidemment. Ça peut être pour la surveillance de la grossesse, voir à la maison ce qui se passe. Ça permet d’avoir un suivi plus rapproché et de multiplier éventuellement les consultations : si je sens qu’une patiente dérive » MG7
Ils proposent fréquemment une rencontre avec les psychologues pour assurer un soutien.
« là on va quand-même demander un suivi psychologique peut-être plus facilement » MG3.
Ils orientent vers les structures de soins publiques et les services sociaux pour proposer des modes de résolution adaptés aux problèmes socio-économiques.
La majorité oriente vers l’hôpital, à cause du contexte socio-économique pour éviter l’avance des frais, pour structurer le suivi en diminuant le risque de les perdre de vue, et pour assurer les soins coordonnés.
« En fait je vois en fonction du revenu, c’est vrai que dès que je vois un peu le revenu et les difficultés financières, j’adresse spontanément au centre hospitalier. Voilà, elles ne paient pas » MG2
« ce qui joue, c’est…je dirais…l’accroche qu’on a avec elle, si elle adhère au médecin, ce qui permet de la revoir régulièrement, sinon on la perd. Si je le pressens, je l’adresse à l’hôpital… » MG4
Certains soulignent l’importance du choix de la patiente, condition nécessaire au bon suivi : « Le bon suivi, c’est là où la femme veut être suivie » MG15
Ils font appel aux assistantes sociales pour régler les problèmes d’ordre socio-économique et faciliter les démarches.
« Elle voit à quoi ma patiente à droit, comment elle peut être aidée…Moi je n’y connais rien ! » MG7
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-Liste des abréviations
-Plan
-Introduction
-Matériel et méthode
-Résultats
I- Caractéristiques de la population
II- Les critères de précarité de la femme enceinte concernent son entourage, ses caractéristiques et son histoire socio-économique
a- L’absence d’entourage ou sa fragilité, des facteurs d’insécurité
b- Les caractéristiques personnelles de la femme, des critères modifiant l’investissement de la
grossesse et son suivi
c- Les conditions de vie précaires ou pénibles, les comportements peu conformes, des contextes
altérant les soins
III- Devant la précarité des femmes, les médecins adoptent une attitude vigilante
a- Ils s’entourent de professionnels de la périnatalité et proposent leur intervention pour assurer
un suivi rapproché et complémentaire
b- Ils orientent vers les structures de soins publiques et les services sociaux pour proposer des modes de résolutions adaptés aux problèmes socio-économiques
c- Ils mettent en place un suivi plus cadré et soutenant pour améliorer la vigilance des ratés du
suivi et la compréhension des consignes
d- Ils construisent une relation de confiance et témoignent d’une écoute bienveillante, attentive
aux particularités de la femme
IV- Dans les situations complexes, les médecins s’impliquent dans le champ psycho-social
a- Dans les situations d’addictions ils interviennent facilement dans les propositions de sevrage
b- Face aux difficultés socio-économiques ils sollicitent activement les structures médicosociales,
les associations et les institutions publiques
c- Devant les problèmes psychologiques et psychiatriques, ils développent des attitudes
prévenantes et collaborent avec les professionnels de santé mentale et de périnatalité
d- Devant les grossesses non désirées, ils proposent l’IVG et éventuellement dans les cas de
refus total de la grossesse, ils discutent d’un accouchement sous X
V- Dans certains contextes, les propositions des médecins sont limitées par leur champ d’intervention
a- Les situations d’addictions génèrent des résistances aux seules propositions de sevrage
b- Les modes de vie et parfois la religion rendent difficile la modification des comportements
qui s’inscrivent dans les habitudes culturelles
c- Dans le cadre du suivi de la mineure, les aides au soutien se heurtent aux types de liens
familiaux existants et au nécessaire respect de la confidentialité
d- Les situations de violence conjugale, des rencontres peu fréquentes qui limitent les interventions des médecins
VI- Devant les limites de leurs interventions, les médecins ont des propositions pour améliorer l’accompagnement
a- Ils élaborent et explicitent une organisation plus structurée du suivi pluridisciplinaire
b- Ils relèvent l’intérêt de l’entretien prénatal précoce pour permettre la prise en compte du contexte psycho-social
-Discussion
I- Matériel et méthode
a- les biais et limites du travail
b- les forces du travail
II- Les résultats
a- Les critères de risque psycho-socio-économique retenus comprenaient de nouveaux
éléments, en plus de ceux proposés par la littérature
b- En accord avec les grandes lignes des recommandations, les médecins élaborent des
stratégies et des attitudes construites
c- Par l’attitude bienveillante et la relation de confiance qu’ils instaurent, les médecins
répondent aux attentes des femmes
d- Dans les situations d’addictions, de barrière linguistique et de symptomatologie psychiatrique
chez les migrantes, les médecins peuvent affiner leur attitude avec des
guides
e- Leurs interventions étaient limitées ; ils proposaient des pistes pour pouvoir réaliser ces
actions
-Conclusion
-Bibliographie
-Table des figures
-Table des matières
-Annexes
Annexe 1 : Plaquette de dépistage proposée par le réseau Sécurité naissance – naître ensemble
Annexe 2 : Le premier guide d’entretien
Annexe 3 : Le deuxième guide d’entretien
Annexe 4 : Les critères retenus par la PASS périnatalité d’Angers
Annexe 5 : La Communauté Urbaine du Mans en 2012
Annexe 6 : Entretiens CD-rom
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