Origine et évolution du concept du développement durable
La politique environnementale est à la fois interprète et conditionne la relation homme nature. Du Moyen-âge au mercantiliste, l’économie est éventuellement commerçante et agricole. A l’ère de grande découverte (découverte de l’Amérique en 1492) et de grand navigateur commence à avoir le temps du monde. C’est la nature avare qui impose à l’homme ses lois et à l’univers. Au milieu du 18ème siècle, la réflexion économique connaît une avance importante avec l’école Physiocrate et l’intuition puissante de docteur Quesnay (1694-1774), qui élabore une vue d’ensemble de l’économie et son interdépendance avec le milieu naturel, au moyen de son célèbre « tableau économique ». Ce tableau décrit la circuit de « revenu net » c’est-à-dire du « don gratuit » de la nature, production de la terre est seule richesse effectivement créée. Seule l’agricole est véritable source de la richesse, les activités non agricoles n’étant que d’échange et de transformation. Pour Quesnay et physiocratie, la règle essentielle de bonne gestion consiste à entretenir et à préserver le capital nature. A la veille de la révolution industrielle, qui va marquer le véritable « divorce » de l’homme et de nature, cette vision met des relations entre l’activité économique et la gestion du patrimoine naturelle. En 1776 Adam Smith publie « la richesse des nations », premier ouvrage de « l’économie moderne » qui ouvre l’ère de l’économie classique puis néoclassique. En pensant sur les limites « naturelle » de la croissance économique, l’économie va s’affirmer comme une science « neutre » et mécanique. L’école classique et néoclassique naît d’une philosophie paradoxale. L’utilitarisme veut que les conflits d’intérêt débouchent sur une harmonie collective et un plus grand produit net. En (1723-1790) Adam Smith fonda son économie politique sur les motivations d’intérêt d’individu, suivi par Bentham (1748-1832) et James Mill (1773-1863), qui instituent l’utilitarisme comme fondateur de la pensée économique classique. L’économie dévient dès lors science mécaniste, désincarnée de la nature et d’un homme réduit à l’état d’homoéconomicus. Cette évolution de la pensée économique a des conséquences évidentes sur la relation homme nature. En premier lieu en perdant toute référence éthique, l’économie se coupe de motivation de conservation, de solidarité internationale et de transmission à la génération future du patrimoine naturelle. Ce qui est maintenant appelé « développement durable ». D’où l’économie de l’environnement plonge dans les racines dans un éthique de la solidarité et de la conservation. Selon la théorie de rente de David Ricardo : « le capital naturel est considéré comme bien libre, inépuisable même s’il est en quantité limitée » et Jean Baptiste Say déclarait « les richesses naturelles sont inépuisables, car sans cela, nous ne les obtiendrons pas gratuitement ». En tout cas l’économie et l’environnement est une relation conflictuelle. Le concept de DD se fonde sur la mise en œuvre d’une utilisation et d’une gestion rationnelle des ressources, visant à satisfaire de manière appropriée les besoins fondamentaux de l’humanité. La gestion intégrée : gestion globale qui tient toutes les relations et interactions existants entre les systèmes.
Les systèmes du développement durable
Le DD est un modèle de développement économique et social visant à assurer la pérennité du patrimoine mondial de la terre. Le développement durable exige de concilier les différents objectifs économiques, environnementaux, sociaux, politique, culturels lorsque cela est possible de procéder à des arbitrages dans des autres cas. Il s’agit alors d’un développement équilibré assurant le bien-être de la génération actuelle et celui des générations futures.
Les conditions de réussite du développement durable et la gestion de l’environnement
Le processus du développement durables consiste à assurer un progrès économique, équitable sur le plan social, tout en préservant la base de ressource de l’environnement des générations futures. L’environnement est donc une partie intégrante d’un processus général de développement. La durabilité de ce dernier dépend en une partie du mode de gestion environnement. Le développement durable propose un modèle de croissance et d’activité humaine qui inclut explicitement les considérations environnementales et le principe d’une allocation ainsi d’une utilisation optimale progressive et durable des ressources. Pour maintenir ou plutôt accroître le bien être de l’individu de génération à génération tout en respectant les conditions qui existent. La condition de réussite est donc la préservation de l’environnement compatible au développement.
Relance économique
Ceci consiste à augmenter le niveau de vie des personnes, améliore leur pouvoir d’achat. Il faut noter que la croissance économique ne peut être profitable si elle épuise partiellement ou totalement le capital naturel de la société, ou si elle impose à d’autre membre de cette société le coût de répartition du capital naturel qu’elle ait exposé au-delà de ses capacités limites. Cette relance économique permet de reproduire aux besoins essentiels d’emploi, d’alimentation, d’énergie, d’eau et d’assainissement par la population. Mais pour assurer la durabilité du développement, il est nécessaire d’induire une modification qualitative à la croissance et d’affecter des ressources financières à la protection de l’environnement. Ceci est un investissement productif puisqu’il aide à protéger, à exploiter rationnellement et à conserver les ressources de manière durable.
Maîtrise de la croissance démographique
Selon Thomas Robert Malthus (1766-1834), le nombre de la population augmente suivant une progression géométrique alors que la croissance économique ne suit qu’une croissance arithmétique. La restriction des naissances devient une condition nécessaire pour assurer aux populations une situation acceptable quant à leur niveau de vie et pour qu’elles ne comblent pas leur manque par une surexploitation de capital naturel. La maîtrise de la croissance est importante pour assurer une exploitation équilibrée et rationnelle de l’environnement. Elle permet que la base de ressources naturelles de la terre aille rester suffisante pour subvenir auxbesoins de génération présentes et futures.
Conservation et développement de la base des ressources
Une exploitation rationnelle peut être comme l’utilisation progressive de ressources qui respecte leur fonction écologique et sans dépasser leur capacité de reconstitution. Elle recouvre alors la notion de conservation. Les ressources ont un rendement maximum quand elles sont bien gérées, lorsqu’elles contribuent à l’équilibre écologique et lorsqu’elles sont utilisées de manière durable et que leur spécificité écologique est respectée. Alors, il faut conserver et développer la base des ressources pour assurer un développement contribuant à la production du bien être, et répondant aux besoins actuels sans entraver l’aptitude à répondre aux besoins des générations futures. Cette conservation suscite l’encouragement du changement technique, c’est-à-dire la recherche et l’utilisation de nouvelle technologie et méthodes qui permettent de réduire les impacts négatifs de la croissance sur l’environnement. Elle va de pair avec la recherche des matériaux de remplacement et de technique de réutilisation et de recyclage des ressources.
Alliance entre environnement et l’économie dans les prises de décisions
L’interdépendance entre l’environnement et la croissance économique est irréfutable si on veut assurer un développement durable. Il faut noter que non seulement l’environnement se détériore sous l’effet d’une croissance rapide, mais la croissance elle-même se heurte à des contraintes environnementales. Lors de prise de décision, il faudrait alors procéder à des arbitrages pour résoudre les conflits entre les priorités environnementales et économiques si on n’arrive pas à concilier les différents objectifs dans le but d’assurer un développement durable. Les droits et les besoins éventuels des générations futures doivent impérativement y figurer. Un des instruments d’application de ce concept est l’EES.
L’EES (Concept et notion d’EES)
L’Evaluation Environnementale
L’évaluation environnementale désigne l’ensemble de la démarche destinée à :
• Analyser les effets sur l’environnement
– d’un projet d’aménagement,
– d’un programme de développement,
– d’une action stratégique.
• Mesurer leur acceptabilité environnementale,
• Eclairer les décideurs.
Elle vise à :
• Améliorer la décision par une prise en compte explicite et sélective des considérations environnementales,
• Fournir une base solide pour la gestion des conséquences sur l’environnement des actions d’aménagement,
• Permettre aux citoyens de s’exprimer sur les modifications prévisibles de leur cadre de vie,
• Favoriser l’intégration des objectifs fondamentaux qui sont la protection de l’environnement et le développement durable.
L’Evaluation Environnementale est ainsi un outil polymorphe, cartésien et intégrateur. L’EE :
• Diagnostique une situation de départ « avant le projet ».
• Prévoit une évaluation « avec le projet » et la compare avec la future évaluation « sans le projet ».
• Estime les dégâts probables causé par l’évaluation « avec le projet » (dégâts relatifs à ceux de l’évaluation « sans le projet »).
• Préconise des voies et moyens d’éviter, minimiser ou compenser ces dégâts relatifs potentiels.
La littérature internationale se réfère souvent à Barry Sadler, 1996, dans l’étude internationale sur l’efficacité de l’évaluation environnementale, qui définit l’évaluation environnementale comme un processus systématique qui consiste à évaluer et à documenter les possibilités, les capacité et les fonction des ressources et des systèmes naturels, afin de faciliter la planification du développement durable et la prise de décision en générale ainsi qu’à prévoir et à gérer les impacts négatifs et les conséquences de proposition d’aménagement en particulier. L’évaluation environnementale comprend deux séries. La première série est constituée par les évaluations environnementales de tout ce qui en amont d’un projet particulier, dite Evaluation Environnementale Stratégique (EES). La seconde famille est constituée par les évaluations environnementales des projets particuliers et tout ce qui est en aval de ces projets (EIE, surveillance, suivi, contrôle, audit, fermeture).
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Table des matières
INTRODUCTION
PARTIE I- APPROCHE THEORIQUE DE L’EES
Section 1- Concept de Développement durable
1.1-Origine et concept du d développement durable
1.2- Les systèmes du développement durable
1.3- Les conditions de réussite du développement durable et la gestion de l’environnement
1.3.1- Relance économique
1.3.2- Maîtrise de la croissance démographique
1.3.3- Conservation et développement
1.3.4- Alliance entre environnement et l’économie
Section 2- l’EES (concept et notion d’EES)
2.1- L’Evaluation Environnementale
2.2- Terminologie
2.3- Définitions des EES
2.4- Les objectifs et avantages
Section 3- Comparaison de l’EES et de lEIE
PARTIE II- EVALUATION ENVIRONNEMENTALE STRATEGIQUE DU PRD DE LA REGION AMORON’I MANIA
CHAPITRE I : DESCRIPTION DU MILIEU RECEPTEUR
Section 1- Description du milieu physique
1.1- Occupation du sol
1.2- Présentation de la géologie de la Région
1.2.1- Le climat
1.2.2- Sol et couvert végétal
1.3- Hydrographie
1.4- Régime climatique
Section 2-description du milieu humain
2.1- Démographie et société
2.2- Situation alimentaire
Section 3- Description du milieu biologique
3.1- Formation végétale
3.2- Espèces faunistiques
3.3- Les zones sensibles de la Région
CHAPITRE II- DESCRIPTION DES PROGRAMMES
Section 1- Les cinq pôles de croissance
Section 2- Rappel des orientations du PRD
2.1- Choix stratégique
2.2- Contexte des investissement
2.2.1- Industries
2.2.2- Artisanat
2.2.3- Mine
2.2.4- Agriculture
2.2.5- Tendance actuelle
CHAPITRE III- IDENTIFICATION ET CARACTERISATION DES IMPACTS
Section 1- Programme agricole et élevage
Section 2- programme non agricole
2.1- Analyse de potentialités et problèmes par fonction environnementale
CHAPITRE IV- MESURES D’ATTENUATIONS, PLAN DE SUIVI ET CONTROLE
Section 1- Mesure d’atténuation
1.1- Corridor forestier (Fandriana Est, Ambositra Est)
1.2- Centre Nord (Fandriana Ouest, Ambositra Nord Ouest)
1.3- Sud Ouest (Ambositra Ouest Manandrians)
1.4- Centre Ouest (Ambatofinandrahana Est)
1.5- Extrême Ouest
Section 2- Plan de suivi et contrôle
2.1- Prescription, plan de suivi et de contrôle
2.2- Impact au niveau des activités
2.2.1- Evolution des production agricole
2.2.2- Le taux d’utilisation des méthodes antiérosives 42
2.2.3- Contexte macro économique de la Région Amoron’i Mania
CONCLUSION
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