L’évolution de la place des pères

L’évolution de la place des pères 

La place accordée au père dans la parentalité n’a cessé d’évoluer au fil du temps. La parentalité est l’ensemble des façons d’être et de vivre le fait de devenir parent. [1] Cela comprend à la fois le plan matériel, psychologique, moral, culturel et social. [2] En France, la paternité a longtemps été représentée par la filiation et la transmission d’un héritage, puis par l’éducation. [3] Dans le passé, l’image du père traditionnel correspondait à un père autoritaire, distant et étant le principal pourvoyeur du foyer.

Désormais, nous avons davantage l’image d’un père présent dès la période prénatale. La place du père ne cesse de croître. Notamment durant l’accompagnement de la grossesse avec le suivi de grossesse, les échographies, les séances de préparation à la naissance et à la parentalité (PNP), sans oublier la naissance. Dans chacun de ces moments, le père a désormais une place [5]. En accord avec cette évolution, pour Jean Le Camus, psychologue spécialisé dans la petite enfance, le type de père prédominant aujourd’hui est le père présent. Cela englobe à la fois, la différenciation de son rôle par rapport à celui de la mère, mais aussi sa propre implication concernant son rôle à jouer auprès de l’enfant à venir.

Les dernières lois autour de la paternité en France se dirigent également dans le sens d’une plus grande place faite au père durant la période périnatale. En effet, auparavant la loi de 2002 concernant les congés paternité incluait 3 jours à la naissance puis 11 jours de congés, soit un total de 14 jours. Il n’était pas obligatoire, et n’était compensé uniquement par des indemnités journalières et sous certaines conditions. Cela pouvait donc générer un frein économique et pouvait amener à s’interroger sur la réelle reconnaissance par la société du rôle du père dans les jours suivant la naissance. [7] Elle a dernièrement été révisée. Depuis le premier juillet 2021, la loi prévoit désormais un congé d’une durée totale de 28 jours contre les 14 jours accordés auparavant. Une partie de ce congé est maintenant obligatoire avec un minimum de sept jours. Du côté de l’indemnisation, elle varie en fonction du statut professionnel. Elle peut être maintenue pleinement ou compensée par des indemnités. Ainsi le frein économique reste présent en fonction de la situation professionnelle du père.

L’évolution du congé paternité en France permet aux pères de pouvoir être plus présents auprès de leur compagne pour le moment de la naissance ainsi que les jours suivants.

La place du père en périnatalité

Aujourd’hui la majorité des femmes accouche en milieu hospitalier. A travers les échographies, l’entretien prénatal précoce (EPP), les visites ou encore les séances de préparation à la naissance et à la parentalité (PNP), l’hôpital tend à associer le père à un plus haut degré. Certaines maternités proposent des séances de PNP spécialement dédiées aux hommes. Ces dernières ont démontré leur efficacité, elles permettent un plus grand sentiment d’assurance des pères et la plupart se sentent plus à l’aise en l’absence de leur compagne. De surcroit, il a été démontré que l’information des pères facilite l’attachement en diminuant le stress anténatal. Cependant, de nombreux pères expriment encore la difficulté de trouver leur place dans la relation mère-enfant en restant eux-mêmes et sans imiter la mère. Par ailleurs, les pères disent ressentir de nouvelles pressions sociales liées à leur futur statut. De même, la présence des pères à la naissance aurait un impact à long terme sur la santé et le bien être de la mère, mais aussi de l’enfant.

La présence du père dans tous les établissements de naissance est protocolisée : en salle de naissance ou au bloc opératoire, un seul accompagnant est autorisé. Les situations de passage entre la physiologie et la pathologie, et où l’urgence s’immisce sont des situations dans lesquelles les pères expriment de grandes difficultés à trouver leur place. Dans tous les cas, l’équipe se doit d’accompagner le couple dans ces moments délicats. Le but étant de permettre au couple d’avoir un accouchement au plus près de leur souhait dans l’échange, l’écoute attentive et le respect. [5] Ainsi, il faut tout faire pour solliciter la présence des pères tout au long du suivi de la grossesse et les accompagner, particulièrement au moment de la naissance. Intégrer davantage les pères en périnatalité est bénéfique à plusieurs niveaux. C’est à cela que vont être utiles les séances de PNP pour les pères.

Le centre d’étude et de recherche en psychopathologie de l’université de Toulouse a mené une recherche ayant pour but d’étudier le vécu de l’accouchement chez le couple primipare.

Deux éléments principaux en sont ressortis : pour la mère, la seule présence du père durant l’accouchement constitue un soutien alors que pour les pères, ils évoquent surtout un sentiment d’impuissance et une difficulté à gérer la douleur de leur compagne en éprouvant un sentiment de culpabilité. Ces résultats mettent aussi en avant la nécessité d’accompagner les mères et les pères durant la PNP, afin que cette expérience soit la plus satisfaisante pour les deux membres du couple. Il est essentiel pour la mère d’avoir une figure familière et rassurante durant l’accouchement. Malgré tout, les séances de PNP ne sont pas forcément adaptées au vécu du père et ils ont parfois du mal à se sentir à l’aise [10]. Il serait donc intéressant de voir en quoi la participation aux séances des pères influencerait leur expérience de la naissance. D’après l’institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), la principale source de stress chez le père est liée à sa future fonction parentale. Durant la grossesse, un sentiment d’augmentation des responsabilités se met en place chez les deux parents à la fois. La principale mission du père serait de se montrer soutenant envers sa compagne. C’est également à cela que la PNP peut-être utile.

Les séances de préparation à la naissance et à la parentalité

Généralités

D’après la dernière enquête nationale prénatale de 2016, les séances de PNP sont très suivies par les primipares avec un taux de 77,9 % contre 33,8% pour les multipares. Cette participation a augmenté entre 2010 et 2016, peu importe la parité. Les trois quarts des femmes ayant suivi des séances de PNP ont eu entre 4 et 8 séances. [12] Les séances de PNP peuvent être réalisées par une sage-femme ou un médecin. D’autres intervenants peuvent survenir de façon ponctuelle tels que les anesthésistes, les pédiatres, les psychologues, les puéricultrices, les assistantes sociales, … Les séances peuvent se faire en milieu hospitalier, en cabinet libéral, ou encore en protection maternelle et infantile (PMI). [13] La PNP est réalisée dans une démarche de prévention et d’éducation, elle comprend différents éléments tels que :

– L’entretien prénatal précoce individuel ou en couple
– Des séances prénatales
– Des séances durant le séjour en maternité
– Des séances post-natales en cas de sortie précoce, des besoins particuliers décelés du couple ou de la femme durant la grossesse ou après la naissance, ou encore en réponse à d’éventuelles demandes parentales.

Les objectifs de la PNP sont multiples. Elle vise à préparer les futurs parents à la naissance et à l’accueil de leur enfant grâce aux séances, qui se veulent adaptées aux besoins et aux attentes du couple. Elle permet un accompagnement plus adapté de chacun en fonction de leur situation, surtout en cas de vulnérabilité, et améliore le lien parents-enfant. Il s’agit donc d’un soutien à la parentalité pour les couples en leurs fournissant les notions, les moyens et les informations clés nécessaires à l’épanouissement de l’enfant.

L’entretien prénatal précoce

Il est encore peu diffusé en 2016 : seules 28,5 % des femmes déclarent en en avoir eu un, contre 21,4 % en 2010, alors que 85% des maternités déclarent qu’elles en organisent. [12] L’entretien prénatal précoce est désormais obligatoire en France depuis le premier mai 2020 et remboursé à 100% par la sécurité sociale. [15] Il est conseillé de le réaliser aux alentours du quatrième mois de grossesse, mais il peut avoir lieu à n’importe quel autre moment. Il s’agit d’un temps d’échange et d’écoute ne comportant aucun examen médical. Il doit durer au minimum 45 minutes. Il peut être réalisé par une sage-femme ou un gynécologueobstétricien. Il s’adresse à la femme seule cependant la présence du conjoint est fortement recommandée.

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Table des matières

I. Introduction
1) L’évolution de la place des pères
2) La place du père en périnatalité
3) Les séances de préparation à la naissance et à la parentalité
a. Généralités
b. L’entretien prénatal précoce
c. Les séances prénatales
4) Les différents types de PNP
a. Généralités
b. La place du père en séances de PNP
c. Les cours pour les pères
II. Matériel et méthode
III. Résultats
1) Présentation de l’échantillon
a. Age
b. Catégories socio-professionnelles
2) La préparation à la naissance
a. La présence des primipères en séance de PNP
b. L’absence des primipères en séance de PNP
c. Les types de PNP réalisées par les primipères
d. Nombre de séances réalisées par les primipères
e. Information des séances de PNP aux primipères
f. Caractéristiques des séances de PNP
3) Caractéristique de l’accouchement
4) L’expérience des primipères des différentes étapes de l’accouchement
a. L’expérience globale de la salle de naissance par les primipères
b. Les émotions ressentis par les primipères durant la naissance
IV. Discussion
1) Force et faiblesse de l’étude
a. Les points forts
b. Les limites et biais de l’étude
2) Caractéristiques de la population
3) La participation des primipères aux séances de PNP
4) L’expérience des primipères de l’accouchement
a. L’expérience des pères de la délivrance
b. L’expérience des pères des complications de l’accouchement
c. L’expérience des pères ayant participé aux séances de PNP
d. L’expérience des pères n’ayant pas participé aux séances de PNP
V. Conclusion
VI. Références

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