Au niveau mondial, la rubrique environnement a été longtemps absente des préoccupations politiques et des pouvoirs publics ayant tendance à en faire un sujet peu urgent. Avec le changement climatique, la détérioration de la couche d’ozone, l’apparition de catastrophes écologiques que les préoccupations environnementales deviennent essentielles car ces destructions contribuent beaucoup à défaillir la croissance économique surtout pour les pays industrialisés, grands émetteurs de carbone et réciproquement les croissances économiques participent beaucoup à la destruction de l’environnement voire épuisement des ressources naturelles. Ce qui montre l’étroitesse dépendance entre économie et environnement. Pour Madagascar, à la fin des années 1980, le diagnostic de la dégradation des écosystèmes naturels malgaches était clair. Conscient de ces problèmes, le gouvernement de Madagascar préparait, dès 1988, un Plan d’action environnemental (PAE) soutenu par la plupart des bailleurs de fonds ainsi que par des ONG internationales (Conservation internationale, World Wildlife Fund, etc.) .
Le développement durable et la gestion des déchets
Quatre mille millions de tonnes de déchets sont produits chaque année dans le monde ; les trois quarts ne sont pas récupérés. Nous créons actuellement plus de résidus que la terre ne peut en absorber, produisant un déficit écologique qui ne cessera d’augmenter avec la croissance exponentielle de la population prévue pour les prochaines années, cela nécessite une solution rapide et efficace. Quelques 15 millions de personnes dans les pays en voie de développement survivent des ou dans les ordures, récupérant des matières premières monnayables, destinées aux décharges ou à l’incinération. Dans la grande majorité des villes du Sud, jusqu’à une date récente, la gestion des déchets urbains se limitait à un simple dispositif de « propreté urbaine » organisé autour de trois activités successives : le nettoyage des rues, le ramassage de tas d’ordures et leur renvoi à la décharge. Ce qui semble être une démarche irrationnelle qui n’apporte que peu de rendement pour les récupérateurs dans les décharges.
Concepts et revue de littérature
Les déchets
Le terme déchet qui provient du verbe « déchoir » peut se définir de plusieurs façons selon les pays et ou les instances, mais il garde toujours le même principe : la nécessité de s’en débarrasser ou de l’éliminer. Ainsi, la convention de Bâle sur le contrôle des mouvements des déchets dangereux, défini « déchet » comme étant toute substance ou objet qu’on élimine, qu’on a l’intention d’éliminer ou qu’on est tenu d’éliminer en vertu des dispositions du droit national. La définition communément admis du déchet est : résidu non souhait d’un processus de production, de transformation ou d’utilisation, substance matériau, produit, et plus généralement tout bien meuble pour lequel il n’y pas d’utilisation économique, au moins temporairement, et dont le propriétaire ou détenteur désire ou a l’obligation d se défaire. On peut définir les déchets par « Tout résidu d’un processus de production (…) ou plus généralement tout bien meuble abandonné ou que son détenteur destine à l’abandon ». Les déchets, définis comme des résidus inutilisables, au moins en l’état, peuvent être soit stockés dans des endroits affectés à cet usage dans l’attente d’une dégradation naturelle qui n’intervient pas dans tous les cas, soit incinérés, soit enfin recyclés. Une autre définition c’est qu’ un déchet est tout résidu résultant d’un processus d’extraction, exploitation, transformation, production, consommation, utilisation, contrôle ou filtration et d’une manière générale, tout objet et matière abandonnée ou que le détenteur doit éliminer pour ne pas porter atteinte à la santé, à la salubrité publique et à l’environnement. Déchet ultime : «Est ultime un déchet, résultant ou non du traitement d’un déchet, qui n’est plus susceptible d’être traité dans les conditions techniques et économiques du moment, notamment par extraction de la part valorisable ou par réduction de son caractère polluant oudangereux».
Catégories de déchets avec détails et leur provenance
▶ Les déchets solides ménagers
Tout déchet provenant des activités économiques, commerciales ou artisanales et qui par leur nature, leur composition et leurs caractéristiques, sont similaires aux déchets ménagers. Comme par exemple les produits d’emballage : le papier et le carton, le verre, la porcelaine, la ferraille constituée en majorité par les boîtes de conserve.
▶ Les déchets industriels:
Déchets Inertes (DI) : ce sont les déchets qui ne subissent aucune modification physique, chimique ou biologique importante. Ils ne se décomposent pas, ne brûlent pas et ne produisent aucune autre réaction physique ou chimique. Ils sont essentiellement issus du secteur du bâtiment et des travaux publics : déblais, gravas…
Déchets Industriels Banals (DIB) : ils ne sont pas inertes mais ne présentent aucun caractère toxique ou dangereux. Ils sont assimilables aux ordures ménagères ; il s’agit du carton, du papier, du bois, des plastiques, des métaux…
Déchets Industriels Dangereux (DID) : ce sont les déchets qui présentent un risque particulier car ils sont toxiques, inflammables, explosifs, corrosifs, etc. D’une façon générale ils sont dommageables pour l’homme et l’environnement. Exemples: les huiles, les solvants, les néons, les batteries, les piles, les bombes aérosols… Par extension, les emballages de ces produits, même vides, sont considérés comme des DID. Tout déchet résultant d’une activité industrielle agroindustrielle, artisanale ou d’une activité similaire.
▶ Les déchets médicaux et pharmaceutiques:
Les déchets de soins médicaux comprennent tous les déchets produits par des activités médicales. Ils embrassent des activités de diagnostics aussi bien que des traitements préventifs, curatifs et palliatifs dans le domaine de la médecine humaine et vétérinaire. En d’autres termes, sont considérés comme déchets de soins médicaux tous les déchets produits par des institutions médicales (publiques ou privées), un établissement de recherche ou un laboratoire.
Le terme « Pharmaceutique » embrasse une multitude d’ingrédients actifs et de type de préparation, allant des infusions aux métaux lourds contenant des médicaments très spécifiques. Cette catégorie de déchets inclus les produits pharmaceutiques périmés ou non utilisables.
▶ Déchets agricoles :
Ce sont les déchets organiques générés directement par des activités agricoles ou par des activités d’élevage ou de jardinage.
Le secteur de déchets compte trois marchés : le service de la collecte, celui du traitement et de l’élimination des déchets et enfin celui de la valorisation et du recyclage. En général, plusieurs acteurs activent dans ces différents segments : les collectivités locales (secteur public), des entreprises privées (secteur privé formel) et le secteur informel.
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Table des matières
Introduction
PARTIE I Le développement durable et la gestion des déchets
Chapitre 1 Concepts et revue de littérature
Section 1 : Les déchets
Section 2 : Revue de la littérature
Chapitre 2 Les enjeux du développement durable en termes de déchet
Section 1 : Les enjeux du développement durable en termes de déchets
Section 2 : Les avantages économique et environnemental de la valorisation des déchets
Chapitre 3 La gestion des déchets à Antananarivo
Section 1 : Le modèle de gestion des déchets à Antananarivo
Section 2: Le problème de la gestion des déchets à Antananarivo
Partie II Analyse comparative des modes de gestion des déchets
Chapitre 1 Des modes de gestion des déchets
Section 1 : La politique environnementale à Singapour
Section 2 : Le traitement des déchets à Lyon
Section 3 : La gestion des déchets à Coimbatore
Chapitre 2 : Analyse comparative des différentes gestions des déchets à celle d’Antananarivo
Section 1 : La performance de la gestion des déchets à Antananarivo
Section 2 : Quelles perspectives pour mieux gérer les déchets d’Antananarivo ?
Conclusion
Liste de figures et tableaux
Bibliographie
Annexes