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Importance de l’agriculture :
S’il est encore vrai que, « dans les pays en v oie de développement en général, et les pays à vocation agricole en particulier, le décollage économique se fonde sur la promotion de l’agriculture » 20, la dynamisation du secteur agricole à Madagascar semble être le seul salut permettant de lutter eff icacement contre la paupérisation de larges couches de la population malgache. En effet, dans les pays pauvres, du point de vue macroéconomique, des accroissements rapides et efficaces de la production agricole seront indispensables à la réalisation des objectifs de croissance globale. Pourtant, les spécificités de ce secteur ne font que traduire la complexité des actions à mettre en oeuvre afin d’atteindre l’objectif de la réduction de la pauvreté.
En terme d’emploi :
En effet, l’agriculture ne constitue pas seulement un secteur d’activité parmi de nombreux autres mais c’est un secteur tout à fait spécifique. Tout d’abord, elle apparaît comme la branche d’activité qui emploie beaucoup plus de gens que toutes les autres branches et occupe au moins 70% de la population active locale. « Une grande partie de l’activité économique est donc fournie par l’agriculture, contribuant à plus de 30% dans la formation du PIB » 21. A cet effet, une croissance rapide de revenu moyen par habitant est très difficile à réaliser à moins que les revenus ruraux augmentent.
Le caractère traditionnel :
En second lieu, « les activités agricoles remontent à plusieurs milliers d’années, depuis l’abandon par l’humanité de la chasse et de la cueillette dont elle tirait l’essentiel de sa substance. Ce long passé vaut au secteur le qualificatif fréquent de traditionnel.
De plus, les sociétés rurales qui font appel à des techniques traditionnelles acquièrent fréquemment des habitudes et des attitudes qui renforcent les anciennes méthodes et font de la sorte un obstacle au changement » 22.
Le facteur de production : le sol
En outre, l’importance majeure du sol en tant que facteur de production fait de l’agriculture, un secteur spécifique différent des autres. Et aucun autre secteur ne subit autant qu’elle les caprices météorologiques. Le sol change, comme les conditions climatiques, avec l’endroit, si bien que les techniques appliquées ici ne sont souvent guère utiles là. « En agriculture, la diversité de la qualité des sols, des conditions climatiques et des réserves d’eau conduit à la production de récoltes différentes et à l’emploi des techniques distinctes pour une culture spécifique, non seulement dans les pays, mais aussi à l’intérieur même des provinces ou des régions d’un pays donné »23.
d) Pourvoyeur de l’alimentation :
Enfin, l’agriculture est le seul secteur pourvoyeur de l’alimentation humaine. « Pour survivre, l’humanité peut se passer d’autres biens mais pas de la nourriture. En effet, il existe des produits de remplacement pour la plupart des articles manufacturés, mais non pour l’alimentation. Un pays doit, ou bien assurer lui-même sa production alimentaire ou bien l’importer » 24. Les sociétés où les consommateurs dépensent moins d’un cinquième de leur revenu en nourriture sont très peu nombreuses. « A Madagascar, les produits de première nécessité représentent les deux tiers des dépenses »25. L’importance constante de l’agriculture reste alors évidente
Réduction de la pauvreté et développement local:
« Pour une réduction de la pauvreté plus rapide, la croissance doit être tirée par le secteur agricole compte tenu de son importance dans l’économie malgache »26.26 B. Minten, J.C Randrianarisoa, L. Randrianarison, « Agriculture, pauvreté et politiques économiques à Madagascar », novembre 2003, page94.
Cependant, une nouvelle approche basée sur la participation est à promouvoir. En effet, « une des conditions de réussite de la réduction de la pauvreté à Madagascar nécessité la prise en considération des besoins, attentes et suggestions des pauvres pour s’assurer de leur adhésion à la stratégie de lutte contre la pauvreté »27.
Une croissance économique qui profite aux pauvres :
Ainsi, si l’on considère le secteur agricole comme le point de départ de toutes les actions de développement, il faut tout d’abord mettre en place des politiques et stratégies de croissance économique qui profitent aux pauvres. Il s’agit surtout, pour les aider à prendre en main leur destin, de multiplier les chances pour chacun d’entre eux de gagner sa vie. La réduction de la pauvreté demande en effet, une amélioration du revenu et de la consommation (alimentation, biens et services), qui nécessitent par la suite des actions dans les systèmes de production locaux en particulier.
« Il importe donc de fournir aux pauvres les m oyens d’avoir des emplois, d’augmenter leurs revenus, leur donner accès à la terre et au crédit, et leur permettre de lancer de petites entreprises. Quatre pistes méritent alors d’être exploitées :
– l’accès des pauvres aux infrastructures : routes, transports, marchés ruraux, greniers communautaires, communication, énergie et eau potable;
– l’accroissement de la productivité du secteur agricole, notamment celle de l’agriculture à petite échelle;
– la promotion des micro-crédits, des micro-entreprises, des activités complémentaire comme l’élevage à cycle court et de l’artisanat en général, et
– le développement des travaux et filières de production à haute intensité de main d’œuvre » 28.
Une nouvelle approche vers le développement local :
Et comme l’amélioration de la qualité de vie est fonction de l’amélioration de l’économie d’une région, des changements doivent être opérés nécessairement, ce qui a amené le gouvernement à mettre l’accent sur la relance du secteur agricole à travers l’élaboration d’un Plan d’Action pour le Développement Rural (PADR). Le PADR constitue le cadre de mise en œuvre de la politique de développement rural29.
En concordance avec les objectifs dans le DSRP, « l es objectifs assignés au développement rural visent à :
– assurer la sécurité alimentaire ;
– contribuer à l’amélioration de la croissance économique ;
– réduire la pauvreté et améliorer les conditions devie en milieu rural ;
– promouvoir la gestion durable des ressources naturelles ;
– promouvoir la formation et l’information en vue d’améliorer la production en milieu rural » 30 .
Le PADR est le cadre de référence en ce qui concerne le développement rural, notamment en matière de conception, de définition et d’orientation des stratégies31, des interventions et des mesures à prendre pour le développement rural à Madagascar.
Le PADR sera un instrument efficace de lutte contre la pauvreté rurale en s’appuyant sur le développement local. Les actions du PADR se caractérisent en effet par la prise en compte de la réalité locale et par la participation active de la population dans la mise en œuvre des stratégies de développeme nt rural.
HISTORIQUE DU GRENIER COMMUNAUTAIRE VILLAGEOIS
De cet objectif de réduction de la pauvreté et de participation des pauvres est née le Grenier Communautaire Villageois. Justement, il semblerait que : « l’amélioration des conditions de vie de la population malgache en général et de la population rurale en particulier se fait à travers l’amélioration des revenus à leur disposition et l’indépendance alimentaire »35.
Naissance du Grenier Communautaire Villageois :
Sur presque toutes les Hautes-Terres, dans les régions du Moyen-Ouest, Moyen-Est et celle du Menabe, le riz est la principale culture occupant les terres agricoles36. En effet, le riz constitue essentiellement la base de l’alimentation des Malgaches. « Mihinam-bary », c’est-à-dire manger du riz, expri me le fait de s’alimenter dans la langue malgache. Ainsi, « même si le riz n’est pas un « nénuphar », la riziculture reste la base fondamentale de l’agriculture à Madagascar et la palette des couleurs que les rizières présentent depuis les pépinières jusqu’à al maturité est l’indicateur paysagiste le plus significatif » 37.
Malgré « une tyrannie de la rizière », et à ca use de ses « exceptionnelles qualités paysagistes et la finesse de ses techniques », les Malgaches font une « fixation psychologique » sur le riz et, quand il vient à man quer, tout est mis en oeuvre pour s’en procurer. Ce que reconnaît d’ailleurs J.P. Raison orsqu’il écrit que « la production personnelle du riz reste pour les ruraux la garantie de leur autonomie.» 38
Quoi qu’il en soit, presque tous les agriculteurs malgaches sont déficitaires en riz.
« La croissance démographique renforce le fait que la riziculture n’arrive plus à subvenir à l’autosuffisance des ménages, que les produits de cette activité, d’une exploitation moyenne de 50 ares, n’arrivent à assumer que le tiers du besoin annuel de la famille » 40. Guidés par leurs besoins financiers, la plupart des ménages malgaches vendent du riz en période de récolte et beaucoup d’entre eux deviennent des acheteurs en période de soudure.
Généralement, l’exploitant doit acheter du rizde complément, à prix élevé, pendant deux à cinq mois de l’année, avec ses revenus de la vente des produits de l’élevage, des produits artisanaux ou vivriers, sinon, faute de revenu, le ménage est contraint de le substituer à d’autres produits (manioc, maïs) pour s’alimenter. Or le fait de n’avoir pas la possibilité de manger du riz signifie la misère pour les Malgaches.
Il en découle la prise de conscience par les agriculteurs de l’importance de mettre de côté, dans la mesure du possible, une partie de leur production en prévention des événements ou festivités éventuels. En effet, sur el plan social, la solidarité malgache au sens du terme « Fihavanana » est très entretenue , surtout en milieu rural. Il a été de tradition pour les paysans de stocker du riz en période de récolte afin de pouvoir nourrir le Fokonolona en cas de malheur (décès) et durant esl pratiques traditionnelles comme les exhumations et les circoncisions.
Dans ce contexte d’insuffisance de production et de revenu est né le Grenier Communautaire Villageois, initié pour la première fois par l’Opération de Développement Rizicole (ODR) en 1989 dans les Fivondronana d’Antsirabe et d’Ambositra. Le constat est que, en période de récolte, les paysans sont toujours contraints de vendre une grande partie de leur production de paddy pour subvenir aux besoins financiers immédiats. Ils la vendent bon marché alors qu’ils la rachètent très cher, plus du double, en période de soudure. L’introduction du Grenier Communautaire Villageois est donc d’essayer d’y remédier.
De plus, en dehors des contraintes sur l’existence d’un pic de besoin en main d’œuvre pour la récolte, la moisson simultanée rend difficile l’équilibre entre l’offre et la demande conduisant ainsi à une forte variabilité saisonnière des prix. Les prix moyens durant la période de récolte demeurent 50 à 60% inférieurs aux prix durant la période de soudure.
En raison de ces variations saisonnières de la production et des prix, les projets de type Grenier Communautaire Villageois tentent d’apporter des réponses adéquates aux besoins des petits producteurs tout en évitant leur endettement. Dès lors, cette idée a fait l’objet de la préoccupation de nombreux organismes, soucieux d’aider les agriculteurs et lutter contre la pauvreté en milieu rural surtout.
La politique générale de l’opération :
Les diverses animations faites auprès des paysans ont permis de constater, aussi bien par les animateurs que par les villageois, la déficience en riz des agriculteurs. Celle-ci est surtout liée à l’insuffisance de moyens de production, de surface cultivable et à la faiblesse de productivité. Ainsi, afin d’aider les paysans à mieux gérer leur production, l’ODR a décidé de mettre en place, en 1988, le système de Grenier Communautaire Villageois. Le principe était de permettre à ces derniers un accès facile au crédit formel en stockant, dans un magasin communautaire, une partie de leur production pour servir de garantie physique au prêt .
En fait, l’élément commun à tous les ménages agriculteurs est que la production agricole constitue pour chacun une source de revenu. Les paysans aux ressources moyennes ou au budget déficitaire vendent par nécessité, faute de disposer d’autres rentrées d’argent : ainsi s’explique l’importance des ventes locales de riz entre mai et septembre, après la récolte, même si les même vende urs devront le racheter à un prix plus élevé en période de soudure. Les profits les pus élevés reviennent alors à ceux qui peuvent attendre de vendre en période de soudure.
Définition:
« Le Grenier Communautaire Villageois, Communément dénommé GCV, est un stockage de paddy ou autres produits, accompagné ou non d’un crédit garanti par la quantité de produits agricoles stockés dans un magasin commun du groupement d’agriculteurs et nantis au profit d’un organisme prêteur » 41. Le montant du prêt est en fonction du poids des produits stockés suivant un système de quantum.
Il concerne notamment le stockage des denrées non périssables dont la fluctuation des prix rend le stockage rentable. Dans la majorité des cas, le GCV concerne le stockage de paddy qui a lieu à la récolte, lorsque les prix sont les plus bas, et le déstockage en période de soudure.
En effet, cette période de soudure est caractérisée par la faible entrée de revenu, la hausse des prix de produits de première nécessité,de la nourriture, en particulier le riz, et des prix de transport, et coïncide également avec la saison des travaux de champs. Ce sont donc des faits qui pénalisent le secteur rural et engendrent des conséquences économiques négatives dont l’insuffisance monétairepour une part importante de la population rurale.
Mécanisme :
Le mécanisme consiste donc à ce que les groupements des paysans stockent une partie de leur production au moment de la récolte, de façon à disposer de crédit en rapport avec la quantité de paddy entreposée, gage du remboursement. Le crédit peut donc servir au financement des cultures de contre saison, objectif spécifique du crédit GCV. Au moment du déstockage en décembre, c’est-à-dire en pleine période de soudure, si le membre a remboursé avant l’échéance, il récupère son bien. Aussi, comme la production n’arrive qu’à satisfaire une partie du besoin alimentaire annuel, il semble plutôt préférable d’acheter du riz, s’il le faut, en période de récolte qu’à la soudure où son prix est exorbitant et ne fait qu’em pirer la situation des familles vulnérables.
A titre indicatif, le prix du riz local est très variable dans l’espace et dans le temps à Madagascar. En moyenne, le prix du riz est le moins cher dans la province de Fianarantsoa et le plus cher à Antsiranana. Le tableau suivant montre les niveaux de prix du riz en période de récolte (avril – juin) et en période de soudure (octobre – décembre).
L’ASPECT CREDIT
En tant que service financier de proximité pour les populations pauvres, notamment les petits exploitants agricoles, le crédit GCV a été conçu de manière à mieux s’adapter à la taille de leurs activités. A cet effet, qu’entendons-nous d’abord par le terme « crédit » et qui sont les différents intervenants dans le crédit GCV ?
Qu’est-ce qu’un crédit ?
Telle est la question qui se pose pour mieux comprendre le mécanisme du GCV. Il importe en effet de rappeler la définition du terme « crédit », ne serait-ce que pour parler le même langage.
Définition générale :
« Faire crédit, c’est faire confiance, c’est donner librement la disposition effective et immédiate d’un bien réel ou d’un pouvoir d’achat, contre la promesse que le même bien, ou un bien équivalent, vous sera restitué dans un certain délai, le plus souvent avec rémunération du service rendu et du danger couru, danger de perte partielle ou totale que comporte la nature même de ce service.» 48 « Au sens général du terme économique, le crédit est l’opération par laquelle un prêteur met à la disposition d’un emprunteur une so mme d’argent ou des moyens de paiements moyennant une promesse de remboursement selon un délai généralement fixé à l’avance, l’échéance » .
Face à ces définitions, temps, confiance, promesse de rembourser se combinent pour engendrer le crédit. En fait, l’idée de crédit est à peu près inséparable de la confiance. Rappelons qu’étymologiquement « credere » signifie « croire »; en ce sens, on ne prête normalement que si le débiteur paraît capable de tenir sa promesse et de rembourser au terme convenu. C’est un élément subjectif qui intervient d’abord et qui s’attache à la personne même de l’emprunteur.
Justification du crédit :
Le crédit est quelque chose d’assez complexe, et dans la vie courante, le mot « crédit » a été longtemps marqué d’une suspicion. Toutefois, le recours au crédit se trouvait justifié par l’élargissement des marchés, l’essor économique et le progrès social. « S’il apparaît aléatoire que le père de famille parvienne à rembourser un emprunt destiné à combler temporairement le vide qui se creusait dans sa trésorerie domestique, parce que rien dans cette action ne laisse prévoir une augmentation de ses ressources, bien au contraire. Il n’en est pas de même du producteur, de l’artisan, du négociant qui trouvent dans le crédit une « substance nutritive » pour leurs activités commerciales et qui doivent, raisonnablement, en tirer un profit supplémentaire »50.
Domaine du crédit :
En tout cas, le crédit est un phénomène important des économies contemporaines. De nombreuses circonstances exigent, pour la poursuite du progrès économique et l’élévation du niveau de vie, l’appel au crédit. Effectivement, le domaine du crédit est extrêmement vaste : il s’étale dans le temps, s’étend à toutes sortes d’activités et répond à de multiples besoins économiques.
Ainsi, pour ne parler que du cas d’un agriculteur qui ne peut s’autofinancer entièrement pour démarrer une activité ou le revenuqu’il tire de la vente de ses produits est insuffisante pour répondre à ses besoins de liquidités, le recours au crédit peut encore se concevoir. Aussi, face à la nécessité de mieux gérer la production, le GCV se présente comme une alternative.
Le crédit GCV : idée généra le
S’il est rendu nécessaire par un besoin de financement des activités agricoles, le recours au GCV se justifie également et surtout par la mise en stock du paddy pour lutter contre l’insuffisance des moyens, surtout financiers, pendant les travaux pénibles en période de soudure.
Principe d’utilisation du crédit GCV :
Le système de crédit dans le cadre du GCV a été conçu à ce que le montant du prêt accordé à l’emprunteur soit en rapport à la quantité de paddy qu’il décide de stocker dans le grenier en garantie du prêt.
Dans une première hypothèse, l’utilisation du crédit est recommandée comme suit :
– 60% du crédit, au plus, est destiné à subvenir aux besoins en liquidité du ménage,
– 40%, au moins, pour la mise en place des activités de contre saison (intrants agricoles : semences, engrais, pesticides…)
Ainsi, le revenu issu de la vente des produits de ces activités pourra ensuite servir à rembourser le crédit à l’échéance prévue dans le contrat avec l’institution financière. D’une manière générale, la population de riziculteurs est amenée à pratiquer des cultures de contre saison telles que : pomme de terre, légumes (tomates, brèdes, concombres, etc.) et céréales (haricots, etc.). Quoi qu’il en soit, la promotion des activités de contre saison vise la diversification de la production agricole mais également l’amélioration du rendement des rizièresdu fait de l’arrière effet des engrais utilisés. Toutefois, dans certaines zones, ayant des difficultés en matière de culture de contre saison, en rizières ou en culture pluviale (voly an-tanety), les agriculteurs optent plutôt pour le petit élevage à cycle court (canards, porcs…). Les problèmes de la non maîtrise de l’eau ou bien l’insuffisance des surfaces cultivables peuvent en être les causes principales.
Il convient également d’ajouter qu’il existe un autre aspect de l’utilisation du crédit GCV qui se distingue de ce qui est mentionné précédemment par la non exigence de la pratique de culture de contre saison. Il s’agit alors d’une simple mise à disposition d’un moyen de financement aux petits exploitants agricoles. Il se peut que ceux-ci l’utilisent pour le petit commerce par exemple.
Eligibilité de la demande de crédit :
Notons que du côté des organismes prêteurs, à l’exclusion du réseau TIAVO, les demandes de crédit GCV ne sont recevables que pour des groupements d’agriculteurs formels ayant un récépissé légal. Un groupement estgénéralement composé de 10 à 20 personnes qui se connaissent bien et se cautionnent mutuellement.
Il est bien certain que la bonne volonté et l’honnêteté du demandeur ne sauraient suffire, les agents de crédit se méfieront de ces paysans agriculteurs qui ne sauront gérer ou à fortiori prévoir les risques éventuels de leurs activités. « En effet, l’agriculteur n’est pas un commerçant, les aléas de son exploitation sont nombreux, la comptabilité, le plus souvent, est inexistante et les garanties, fréquemment, difficiles à réaliser »51. Ainsi, le groupement des débiteurs constitue un moyen pouvant les amener à se mettre sous pression entre eux pour le remboursement du crédit.
Les différents intervenants dans le GCV :
Par son principe, le GCV met en collaboration au plus trois acteurs principaux, à savoir :
– l’organisme prêteur, celui qui assure l’octroi de crédit,
– l’agence d’encadrement, celui à qui sont confiés al sensibilisation et l’encadrement technique des groupements des producteurs,
– le groupement bénéficiaire qui reçoit le crédit destockage que chaque membre utilise à son profit. Mais dans un autre schéma, il se peut que le crédit GCV lie directement l’organisme de crédit aux bénéficiaires, sans que ces derniers soit obligés de faire appel à une agence d’encadrement.
Les organismes de financement:
On assiste actuellement à Fianarantsoa, comme dans l’ensemble de Madagascar, à une multiplication d’expériences de crédit, menéespar des associations, des ONG ou des institutions financières. Ce phénomène peut à al fois s’expliquer par l’importance des besoins à couvrir et l’impact significatif de certaines expériences en la matière.
En ce qui concerne particulièrement le GCV, on dénombre dans cette province de Fianarantsoa, six opérations d’appui au crédit de stockage assurées par une banque de développement rural, une association de droit privé malgache, un programme, un réseau de mutuel, une ONG et une grande association paysanne.
Ces organismes ont comme objectif commun, tout en visant en premier lieu la diversification de leurs produits, à améliorer le niveau de vie et augmenter le revenu des personnes cibles. En effet, le GCV est un produit destiné à mieux répondre aux besoins de la population en matière d’amélioration des conditions de vie. Il s’adresse notamment à tous les petits producteurs en milieu rural.
La banque pour le développement rural :
« La BTM, banque nationale depuis 1976 et repr ise en 1999 par la BOA dans le cadre de sa privatisation, est la seule banque qui intervenait dans le secteur de la microfinance » 52. La BTM constitue donc la seule banque implantée dans le milieu rural afin de donner réponses aux besoins financiers des petits agriculteurs exclus du système bancaire classique. Depuis, elle a été l’undes principaux intermédiaires de l’État en matière de financement rural. Toutefois, l’intervention de cette banque en faveur de la microfinance, ainsi que sa forte implication en zone rurale se sont maintenues après sa récente privatisation.
Le GCV faisait partie du produit de la BTM depuis 1989; il s’agit au départ d’un projet financé par la Banque Mondiale en partenariat avec l’Opération de Développement Rizicole (ODR/ CIRAGRI). Actuellement, la BOA continue toujours cette pratique en collaboration avec la Cellule d’Appui au Crédit Rural (CACR) et la Direction Régionale du Développement Rural (DRDR).
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Table des matières
NTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : GENERALITES ET CARACTERISTIQUES DE LA PAUVRETE A MADAGASCAR
CHAPITRE PREMIER : STRUCTURE ET NIVEAU DE PAUVRETE A MADAGASCAR
A- La pauvreté à Madagascar
1- Caractéristiques de la pauvreté
2- Les indicateurs de développement humain à Fianarantsoa : une description quantifiée du niveau de pauvreté
B- Sur le plan économique
1- La pauvreté liée au secteur agricole
2- Importance de l’agriculture
C- Réduction de la pauvreté et développement local
1- Une croissance économique qui profite aux pauvres
2- Une nouvelle approche vers le développement local
CHAPITRE II : HISTORIQUE DU GRENIER COMMUNAUTAIRE VILLAGEOIS
A- Naissance du Grenier Communautaire Villageois
B- La politique générale de l’opération
1- Définition
2- Mécanisme
3- Objectifs
C- Intervention dans le cadre de la microfinance
1- Le système bancaire à Madagascar
2- L’émergence de la microfinance
DEUXIEME PARTIE : GRENIER COMMUNAUTAIRE VILLAGEOIS : EXPOSE TECHNIQUE
CHAPITRE PREMIER : L’ASPECT CREDIT
A- Qu’est ce qu’un crédit
1- Définition générale
2- Le crédit GCV : idée générale
B- Les différents intervenants dans le GCV
1- Les organismes de financement
2- L’agence d’encadrement
3- Les groupements cibles
CHAPITRE II : DEROULEMENT PRATIQUE DU GCV
A- Modalités et conditions des prêts
1- Objet de crédit et caractéristiques
2- Les différentes phases du crédit
B- Principe de stockage
1- Méthode de stockage
2- Les conditions de stockage
TROISIEME PARTIE : L’EVALUATION PROPREMENT DITE
CHAPITRE PREMIER : TRAITEMENT ET ANALYSE DES DONNEES
A- Méthodologie d’enquête
1- Réalisation de l’enquête
2- Difficultés rencontrées
B- Analyse des résultats
1- Le GCV : un produit adapté aux besoins des paysans ?
2- L’adoption du système
3- L’utilisation du crédit
4- Le GCV : un moyen de favoriser les groupements des paysans
C- Les impacts du crédit GCV
1- Au niveau micro-économique
2- Sur le plan social
3- Effets sur le dynamisme local
CHAPITRE II :PORTEES ET LIMITES DU SYSTEME
A- Des résultats encourageants
1- Changement dans la période de soudure
2- Diversification de la production
3- Intégration des paysans dans le système financier
4- Renforcement de la démarche participative
B- Mais des limites apparaissent au niveau de certains points
1- L’efficacité dépend de plusieurs facteurs externes
2- Exige une bonne capacité de gestion
3- Quelques facteurs jouent en défaveur des petits producteurs
4- Problèmes relatifs au stockage
5- Impacts encore peu significatifs
C- Recommandations
1- Allègement des contraintes des bénéficiaires
2- Action de suivi-évaluation
3- Renforcement du partenariat avec les groupements de paysans
4- Renforcement d’accompagnement technique
5- Infrastructures de base
CONCLUSION
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