Généralités sur les produits forestiers non ligneux
Définition et concepts
Pour permettre une meilleure appréhension de notre étude, la définition de certains concepts s’avère nécessaire.
Forêt
Plusieurs définitions ont été proposées pour caractériser la notion de forêt par les chercheurs mais, nous avons retenu celle proposée par la FAO et reprise par d’autres auteurs comme Tiemtoré (2004) qui semble plus complète. Selon FAO ( 1998), dans le contexte du Burkina Faso et conformément à la loi n°ü14/96/ADP portant réorganisation agraire et foncière (RAF) au Burkina Faso dit en sa section Il, article 85, que sont considérées comme forêts au Burkina Faso, les terrains occupés par les formations végétales d’arbres et d’arbustes, les terrains déboisés et les terrains nus destinés à être reboisés pour la production forestière ou à des fin de protection .
Produits forestiers
Ces produits désignent selon la loi 006/97/ADP du 17 Mars 1997 portant code forestier au Burkina Faso: « les produits provenant des formations végétales, d’arbres et d’arbustes ainsi que tout ce qui se trouve dans la limite de la forêt ». Nous entendons alors par produit, toute partie d’une plante ou d’un animal récoltée pour l’utilisation ou la consommation humaine ou animale, (Tiemtoré, 2004). Ils comprennent des produits ligneux et des produits non ligneux.
Ecologie
L’espèce Cirina butyrospermii est le nom scientifique d’une espèce de chenille de karité connue au Mali, au Burkina Faso et au Bénin (Rougeot, 1962 cité par Ouedraogo, 1991).
Les chenilles peuvent se retrouver partout mais il faut que toutes les conditions climatiques soient remplies pour que son cycle soit bouclé. De ce fait, il faut que le sol soit suffisamment mouillé. Cependant, au Burkina Faso, son aire s’est rétrécie et n’occupe que des foyers donnes plus importants se situent dans le Sud-Ouest du pays, dans les provinces du Houet, de la Comoé, du Kénédougou, du Bazéga, du Nahouri, du Boulgou. Sa répartition est hétérogène faute de l’inégalité du climat. Les chenilles sont absentes des provinces de la Bougouriba, du Poni qui possèdent pourtant des peuplements homogènes de karité. Elle a disparu du Plateau central, du Mouhoun et de la Kossi depuis 1983 (IRHO, 1982; Terpend, 1962 cité par Ouedraogo, 1991).
Seulement deux (2) espèces appartenant au genre Cirina sont reconnues: Cirina forda inféodée au Burkea africana qui n’est pas présent au Burkina Faso et Cirina butyrospermii (Rougeot, 1962).
Systématique
Cirina butyrospermii se présente en systématique comme suit :
﹣Ordre: Lepidoptera
﹣Sous ordre: Glossata
﹣Infra-ordre: Eulepidoptera
﹣Phalanges: Dytrysia
﹣Super-famille: Bombycoidea
﹣Famille: Saturnidae (attacinae)
﹣Tribu: Bunaeini
﹣Groupe: Buneens
﹣Genre: Cirina
﹣Espèce: Cirina butyrospermii vuillet (1960) .
Biologie et cycle de développement des chenilles de karité
La chenille provient d’un papillon que l’on appelle scientifiquement Cirina hUlyrmpermii. Elle passe par cinq stades larvaires pour donner une nymphe. La nymphe reste au sol pendant neuf mois avant de redonner le papillon. Le cycle est ainsi bouclé. Les stades larvaires qui sont au nombre de cinq, durent en principe un mois et la nymphe dure neuf mois. L’accouplement et la ponte se font en trois jours (OuedraJgo, 2006) .
Selon Ouedraogo (1991), la biologie de l’insecte se présente comme suit:
L’œuf donne une luve qui va subir une série de mues larvaires. La larve va donner une chrysalide d’où sortira l’adulte qui est un papillon à corps épais, roux avec une petite tête. Les parties des ailes avoisinant le corps porte des soies très fines, abondantes presque en velours. Les ailes sont de couleur jaune paille et gris vers le bord de la deuxième paire. Chaque aile a une tâche arrondie, grise à sa partie centrale, plus près du bord antérieur pour les ailes antérieures. Les nervures sont bien visibles. Le mâle porte des antennes plumeuses. La femelle possède des antennes grêles et des tâches beaucoup moins nettes.
L’accouplement a lieu la nuit dans les arbres. L’activité de ponte s’opère sur les rameaux à proximité des touffes de feuilles ou sur les chicots, ou à même le sol.
Les éclosions ont lieu le matin, et donnent les larves qui subissent cinq stades de développement. Les chenilles de premier stade c’est-à-dire le stade L1 ou néonates présentent une coloration jaune verdâtre. La tête et le promotum de couleur brun acajou sont relativement plus grands que le corps. La jeune chenille possède cinq paires de fausses pattes. Celles du deuxième stade (L2) sont semblables aux précédentes mais s’en différencient par la présence des lignes longitudinales et des soies. Au troisième stade larvaire (13), on distingue deux types de larves de coloration blanche et jaune. Toutes présentent des tâches perliformes. Sur les fausses pattes on peut remarquer des rangées de petits crochets en forme de couronne permettant à la chenille de s’agripper à son support. Jusqu’au troisième: stade larvaire (13), les chenilles sont grégaires. Au quatrième et cinquième stade, (lA et L5) les chenilles sont morphologiquement semblables, mais celles du cinquième stade sont de taille plus grande et c’est à ce stade que la chenille est consommée.
Les mues sont toujours effectuées en groupe jusqu’au quatrième stade.
Sur l’arbre, après les différentes mues, les exuvies restent groupées et collées- aux feuilles. Les chenilles restent ensemble pour se nourrir de la même feuille. Seule la nervure principale de la feuille est épargnée et sert de passerelle pour aller vers une autre feuille. Elles ne quittent leur arbre hôte que pour deux raisons: soit parce qu’elles n’ont pas à manger et elles migrent ensemble vers un autre arbre pour s’alimenter, soit parce que leur développement larvaire est terminé et elles descendent une à une à la recherche d’un endroit convenable pour la nymphose dans le sol. La nymphe subit une diapause assez longue d’environ dix mois.
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Table des matières
INTRODUCTION
1. OBJECTIFS DE L’ETUDE
2. HYPOTHESES
CHAPITRE 1: PRESENTATION DES PRODUITS FORESTIERS NON LIGNEUX
1.1. GENERALITES SUR LES PRODUITS FORESTIERS NON LIGNEUX
1.1.1. Définition et concepts
1.1.2. CLASSIFICATION
1.1.3. Rôles des PFNL
1.2. PRESENTATION DE LA CHENILLE DE KARITE
1.2.1. Ecologie
1.2.2. Systématique
1.2.3. Biologie et cycle de développement des chenilles de karité
CHAPITRE II: PRESENTATION DE LA ZONE D’ETUDE
2.1. SITUATION GEOGRAPHIQUE DE LA PROVINCE DU HOUET
2.2. MILIEU PHySIQUE
2.2.1. Le climat
2.2.2. Les sols
2.2.3. Le relief
2.2.4. La végétation
2.2.5. L ‘hydrographie
2.3. MILIEU HUMAIN
2.3.1 Dynamisme de la population
2.3.2. Mouvement de la population
2.3.3. Les activités socio-économiques
2.3.4. Etal de la pauvreté de la province
2.4. PRESENTATION DE LA STRUCTURE D’ACCUEIL.
2.4.1. Création et objet de l’agence de promotion des Produits Forestiers Non Ligneux (APFNL)
2.4.2. Missions et attributions
2.4.3. Organisation etfonctionnement
2.4.4. Les projets d’appui relevant de l’APFNL
CHAPITRE III : METHODOLOGIE
3.1. JUSTIFICATION DU CHOIX DE LA ZONE D’ETUDE
3.3. ECHANTILLONNAGE
3.4. OUTILS DE COLLECTES DE DONNEES
3.5. TRAITEMENT ET ANALYSE DES DONNEES
3.6. QUELQUES DEFINITIONS IMPORTANTES
3.7. DIFFICULTES RENCONTREES
CHAPITRE IV : RESULTATS ET DISCUSSION
4.1. LES ACTEURS DE LA COMMERCIALISATION DES CHENILLES DE KARITE ET LEURS CARACTERISTIQUES
4.1.1. Les producteurs de chenilles
4.1.2. Les commerçants de chenilles
4.1.3. Les transformateurs
4.1.4. Les conservateurs
4.1.5. Les consommateurs
4.2. LES CIRCUITS DE COMMERCIALISATION DES CHENILLES DE KARITE
4.2.1. Le circuit court
4.2.2. Le circuit moyen
4.2.3. Le circuit long
4.2.4. Le processus de la production des chenilles de karité
4.3. LES REVENUS ISSUS DE LA VENTE DE CHENILLES DE KARITE DANS LA PROVINCE DU ROUET
4.3.1. Les activités des cueilleurs de chenilles
4.3.2. Les activités des commerçants de chenilles
4.3.3. Estimation de la quantité de chenille pour la campagne 2010
4.3.4. Evaluation de la rentabilité de la commercialisation des chenilles de karité des acteurs dans la province du Houet
4.3.5. Utilisation des revenus issus de la commercialisation des chenilles
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ANNEXES
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