La mondialisation a contribué à l’expansion de l’intégration des économies et des accords de coopération entre les pays; la distance et les barrières, qui autrefois paralysaient les échanges, sont de plus en plus atténuées. Le volet financier de cette mondialisation économique se manifeste au travers des Investissements directs étrangers (IDE). Pour des raisons liées au profit ou pour des motifs stratégiques, les firmes multinationales fractionnent leur chaîne de production et transfèrent certaines activités dans plusieurs pays. Cette délocalisation se traduit par des IDE. Ces derniers, nés de flux financiers internationaux, constituent de nouvelles voies de financement de la croissance. De ce fait une lutte acharnée pour attirer les IDE voit le jour. De nombreux économistes se sont accordés sur le fait que par leur effet d’entrainement sur les différents secteurs de l’économie, les investissements directs étrangers sont avantageux pour les pays en voie de développement. Les pays du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) illustrent bien ce succès : l’essor économique de la Chine et de l’Inde, lors de ces vingt dernières années, a été insufflé par les flux d’IDE provenant des pays industrialisés. L’exemple de ces pays a réussi à persuader les plus retissant d’Afrique, qui voyaient en cela une nouvelle forme de colonisation, que les IDE sont une issue inévitable pour échapper au cercle vicieux de la pauvreté et asseoir le développement. Effectivement les pays de l’Asie du Sud comme la Malaisie ou la Corée du Sud ont pu stimuler leur croissance économique en favorisant l’entrée des IDE en symbiose avec la situation économique de leur pays et en les mariant à des réformes structurelles adéquates.
FONDEMENTS THEORIQUES DES INVESTISSEMENTS DIRECTS ETRANGERS
Généralités sur les investissements directs étrangers
Définitions et concepts
L’investissement direct étranger
Selon l’OCDE :
L’OCDE définit l’IDE comme suit : l’IDE est un investissement opéré par une entité d’une économie dans une entreprise résidente d’une autre économie dans le but d’acquérir un intérêt durable. La notion d’intérêt durable sous-entend l’existence d’une relation à long terme entre l’investisseur direct et l’entreprise et induit le fait que l’investisseur peut exercer une influence marquée sur la gestion de l’entreprise bénéficiant de l’investissement direct. Il n’est pas obligatoire que l’investisseur étranger ait le contrôle absolu ; le critère appliqué pour que l’investissement soit un IDE est une participation égale à 10% des droits de vote. Cette définition coïncide avec elle du FMI.
Selon le FMI :
Dans la série des définitions publiées par le FMI , deux concepts sont retenus pour bien définir les IDE : les capitaux d’investissements directs et les agents économiques concernés. On entend par « investissements directs étrangers (IDE)» les investissements réalisés par une entité résidente d’une économie, dénommé «investisseur direct », dans le but d’acquérir un intérêt durable dans une entreprise résidente d’une autre économie, dit « entreprise d’investissement direct ». La notion d’intérêt durable est fondamentale dans cette définition; comme dans la définition donnée par l’OCDE, elle signifie d’une part l’existence d’une relation de long terme entre l’investisseur direct et l’entreprise locale et d’autre part que l’investisseur exerce une influence significative sur la gestion de l’entreprise. Par ailleurs, sont considérés comme IDE la transaction initiale (participation au capital social de l’entreprise ou actions) et toutes actions ultérieures entre les deux parties (bénéfices réinvestis, …).
Une « entreprise d’investissement direct » quant à elle, est une entreprise pourvue ou non d’une personnalité morale, dans laquelle une entité non résidente détient au moins 10% des actions ordinaires ou des droits de vote (dans le cas d’une entreprise constituée en société). On distingue trois types d’entreprise d’investissement direct à savoir :
– La « filiale » qui est une entreprise dont l’investisseur direct contrôle directement ou indirectement au moyen d’une autre filiale plus de 50% des droits de vote ;
– L’ « entreprise affiliée » dans laquelle l’investisseur direct détient entre 10% à 50% des actions ;
– La « succursale » où la totalité, c’est-à-dire 100%, des actions est détenue par l’entité non résidente .
L’investisseur direct ou entité non-résidente peut être une personne physique, une entreprise publique ou privée possédant ou non une personnalité morale distincte, un groupe de personne de personnes physiques ou d’entreprises qui sont associés, un gouvernement ou un organisme officiel.
Selon l’INSTAT :
Pour l’INSTAT (Institut national de la Statistique) à Madagascar, l’Investissement Direct Etranger représente un ensemble de ressource laissé à la disposition d’entreprises apparentées (qualifiées par le FMI d’entreprises d’investissements directs), c’est-à-dire celles avec lesquelles un investisseur direct est en relation ; ces ressources peuvent se caractériser par des apports en capital social ou des bénéfices réinvestis.
La relation d’investissement direct avec l’étranger indique tout lien soit entre une entreprise établie à l’étranger et un résident de Madagascar ou entre un non résident établi à l’extérieur de Madagascar et une entreprise établie sur le territoire national qui permet à ce résident (ou à ce non-résident investisseur direct) d’avoir une influence significative dans la gestion de l’entreprise d’investissement direct. En guise de résumé, l’IDE est un investissement réalisé par une personne morale ou physique dans un pays qui diffère de son pays d’origine. La relation d’investissement direct existe quand l’investisseur direct détient au moins 10% du capital ou 10% des droits de vote. C’est ce niveau de détention d’actifs (part investie par l’investisseur direct dans l’entreprise apparentée) qui distingue l’IDE de l’investissement de portefeuille (ou IPF).
L’investissement de portefeuille (ou IPF)
L’IPF est un autre type de capitaux étrangers différent de l’IDE. D’après les définitions du Manuel de la Balance des Paiements, les investissements de portefeuille symbolisent les investissements effectués par des entités non résidentes à l’économie nationale et qui ne peuvent être pris en compte dans la rubrique des investissements directs. Ces définitions précisent également que les investissements réalisés par une entité résidente d’une autre économie dans une entreprise locale et qui ne dépassent pas 10% de ses actions ordinaires ou de ses droits de vote, sont considérés comme investissements de portefeuille.
La caractéristique fondamentale des investissements de portefeuille et qui les diffère des IDE est qu’ils sont réalisés pour des raisons financières. Effectivement l’IPF correspond le plus souvent à des achats de titres privés ou publics moyennant des bénéfices de ces placements. Par conséquent l’investissement de portefeuille n’engage pas une relation de long terme entre l’entité étrangère et l’entreprise locale, et encore moins un pouvoir de décision dans la gestion de celle-ci contrairement à l’IDE.
Entre autre, les titres de participation, les titres d’emprunts sous forme d’obligations, les instruments du marché monétaire et les options satisfaisants à la condition principale qui les diffèrent des IDE sont considérés comme étant des investissements de portefeuille. Par ailleurs, les IDE encouragent la création d’entreprises locales qui pourraient avoir recours à l’investissement de portefeuille pour financer leur expansion. Tandis que les IPF, à leur tour, favorisent l’extension des marchés locaux ce qui pourrait concourir à attirer les IDE. En effet l’IPF consolide les infrastructures financières locales facilitant ainsi les opérations des sociétés multinationales à travers l’IDE. Pour résumer, parmi les capitaux étrangers, les IDE sont ceux qui impliquent un pouvoir de décision, à l’inverse les IPF sont considérés comme étant de simples placements.
Typologie des IDE
Les investissements directs étrangers peuvent se classifier de différentes manières, soit selon les stratégies qu’optent les firmes multinationales quand ils s’installent dans un pays donné, soit selon le mode d’entrée de ces FMN.
Typologie selon le mode d’entrée
D’une part en considérant le mode d’entrée, les FMN s’implantent, dans le pays d’accueil en effectuant l’IDE, soit par l’acquisition d’une entreprise déjà existante, sinon en fusionnant avec celle-ci, autrement en créant des filiales. De ce fait, trois types d’IDE se caractérisent, à savoir :
• La « fusion-acquisition » qui se opère par le rachat, par la firme multinationale, d’une société moins performante ou de taille inférieure, ou par la fusion de deux sociétés afin d’agrandir leur pouvoir et mieux rivaliser avec la concurrence ;
• La « création ex-nihilo » qui correspond à la création de filiales, indépendantes ou sous le contrôle de la maison mère. Elle est couramment entreprise suite à l’adoption de stratégie d’approvisionnement et/ou de stratégie de marché ou encore de rationalisation de la production ;
• La « participation » quant à elle donne lieu à une société dite « société de participation » qui détient entre 10% et 50% du capital d’une autre société (locale).
D’autre part en tenant compte des stratégies suivies par les FMN plusieurs types d’IDE peuvent se spécifier : l’IDE vertical, l’IDE horizontal, l’IDE hybride et l’IDE tourné vers les ressources naturelles.
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Table des matières
INTRODUCTION
Partie 1 : Fondements théoriques des investissements directs étrangers
Chapitre I : Cadre général de l’investissement direct étranger
Section 1 : Généralités sur les investissements directs étrangers
Section 2 : Les déterminants des IDE
Chapitre II : Revue de littérature sur les impacts des IDE sur la croissance
Section 1 : Les retombées microéconomiques
Section 2 : Les effets macroéconomiques
Partie 2 : Analyse empirique des investissements directs étrangers à Madagascar
Chapitre I : Etat global des investissements étrangers et leurs effets à Madagascar
Section 1 : Flux et stocks
Section 2 : Les apports des IDE à Madagascar
Chapitre II : Etude économétrique et recommandations
Section 1 : Analyse économétrique
Section 2 : Recommandations pour inciter l’entrée des IDE et maximiser leurs contributions à Madagascar
CONCLUSION