EVALUATION PAR ETAPE DES PERTES POST- RECOLTE DU PADDY

SECHAGE APRES BATTAGE

                Le paddy, une fois battue est plus ou moins humide c’est-à-dire qu’après le battage, les grains présentent dans la plupart des cas une teneur en eau supérieure à celle nécessaire pour une bonne conservation (13-14%). Donc pour obtenir la teneur en eau souhaitée, il est nécessaire de procéder au séchage pendant un temps déterminé. Le séchage permet de réduire les pertes dues à des phénomènes se produisant lors du stockage des produits, à savoir : la germination hâtive et intempestive des grains ; le développement de moisissures; la prolifération d’insectes. La durée de séchage varie suivant l’intensité du soleil et peut aller de 2 à 5 jours ou même plus suivant le temps qu’il fait. Le paddy sera ensuite foulé par la partie arrière de la plante de pied et si la balle se détache facilement et que le grain intérieur reste entier et ne se brise pas, on estime que le grain de paddy est sec et prêt à être stocké, ce jugement est très subjectif, il y a donc un risque pour que le grain ne soit pas suffisamment sec, mais le risque de sur séchage est plus courant car dans certains cas le taux d’humidité peut aller jusqu’à 10 ou 11%.

Les différentes causes des pertes

                    Contrairement à ce que l’on pense jusqu’à maintenant, les pertes post-récolte sont loin d’être négligeables. Certes, au moment de la moisson, nous récoltons une quantité considérable de produits que les pertes survenantes nous semblent peu de chose, mais une analyse plus précise de ces faits montrera autrement. Une quantité assez importante en paddy et riz blanc est perdue avant de parvenir aux consommateurs, à chaque étape des opérations post récolte on observe des pertes notamment à la récolte, durant le séchage au champ, battage, séchage de paddy, transport et manutention, stockage et transformation, etc. L’amélioration des méthodes de cultures a multiplié les problèmes, rien ne sert en effet de produire davantage d’aliments si on les laisse perdre ensuite de diverses manières qui pourraient être évitées. Avant d’étudier les pertes qu’on peut rencontrer depuis la récolte jusqu’à la transformation du paddy en riz blanc, nous allons d’abord voir les catégories de pertes que nous pouvons rencontrer.
– Pertes dues à la dessiccation : Les opérations de séchage du paddy entraînent une réduction de la teneur en eau de ce produit, donc la perte en poids du paddy due à la dessiccation.
– Pertes dues aux parasitismes : L’action des parasites se manifeste par des pertes en quantité et en qualité du paddy et du riz blanc. Une récolte tardive, par exemple, peut causer des pertes par l’égrenage sur pied, par l’égrenage des pailles étalées sur le sol, par l’action des oiseaux et autres parasites. Un séchage insuffisant peut causer des pertes par le développement des champignons et des insectes nuisibles. Lors du battage des pertes peuvent survenir des grains cassés qui encouragent le développement des insectes nuisibles. Une mauvaise condition de stockage peut causer des pertes dues à l’action combinée des champignons, des insectes, des rongeurs et des autres prédateurs. Les sacs usés utilisés pour le stockage, s’ils sont infestés (par des insectes, microorganismes nuisibles) peuvent infester les grains à leur tour.
– Pertes dues à la manutention : Ce type de perte concerne la mise en sacs des produits, la confection des gerbes et des javelles .., il s’observe aussi lors des ramassages et déballages des grains lors du séchage au soleil. Il s’observe aussi lors du chargement , du déchargement , et du transport qui s’effectue soit en gerbes sur la tête , soit en grains dans des soubiques et dans des sacs à dos d’homme , dans des charrettes ou des camions .
– Pertes dues à l’action du milieu ambiant : Cette catégorie de perte se fonde sur la nature des grains conservés dans un même endroit :
 Si des grains d’espèces différentes sont conservés dans un même local, si certaines espèces sont attaquées, les autres espèces aux alentours seront certainement contaminées, et finalement, ce fait va se traduire par la perte de poids pour le paddy contaminé.
 Même si le produit stocké n’est pas mélangé à d’autres espèces , les grains conservés dans un même endroit ne sont pas obligatoirement dans le même état de santé ou de séchage : certains sont plus ou moins secs , d’autres sont plus ou moins susceptibles à l’infestation. De ce fait, l’action du milieu ambiant qui se traduit par l’effet combiné de l’humidité, de l’air, et de la température aura des impacts sur la variation de l’état de séchage des grains en stock, et le dégagement ou l’accumulation d’humidité ferait perdre ou gagner de poids aux stocks. Mais généralement, tout compte fait, en ce qui concerne le paddy, c’est la perte en poids qui l’emporte.

Les attentes en ce qui concerne l’opération de transformation

a) La qualité du produit fini : Ce que les producteurs ou les productrices attendent de l’appareil (taux de brisure, propreté du produit, capacité à décortiquer le riz non étuvé, etc.).
b) Performance : Ce que les opérateurs attendent : consommation de carburant, quantité traitée par heure (rapidité), nombre de manipulateurs requis (1 ou plusieurs personnes), existence ou non de pièces de rechange, durée maximale de travail par jour, possibilité d’entretien par les compétences locales, appareil facilement déplaçable, etc.
c) Quantité/disponibilité de matière à traiter

LIMITATION DES PERTES AU TRANSPORT DEPUIS LE CHAMP VERS L’AIRE DE BATTAGE

                   Afin de limiter au minimum les pertes par égrenage, si possible, en plus de l’utilisation de variété à haut rendement moins susceptible à l’égrenage et aussi d’effectuer la récolte au moment opportun, il est préférable de :
– procéder tout de suite à son acheminement vers l’aire de battage sans trop secouer les gerbes et il faut éviter de courir
– réduire au minimum la distance entre le champ et l’aire de battage.
– suivre de près le déroulement de l’opération pour assurer un travail plus sérieux de la part des mains d’œuvres familiales ou salariés

LIMITATION DES PERTES AU SECHAGE

               Autant que possible, limiter au maximum le nombre de jour de séchage. Ces problèmes peuvent être réduits en évitant tout simplement d’utiliser les routes goudronnées comme aire de séchage et à prendre le soin de ne pas mettre des grains sur les bordures des nattes et laisser suffisamment de surface entre les nattes pour laisser circuler les gens qui vont s’occuper du séchage de ces grains et qu’ils ne piétinent ni les nattes ni les grains. Puisque si le grain est humide (17-20 pour cent d’eau), l’activité métabolique épuisera rapidement le volume d’oxygène initial et la céréale ne perdra rien de sa qualité nutritive. Mais le germe sera détruit et la fermentation anaérobie risque de laisser des traces inacceptables. Ce grain ne sera utilisé que pour l’alimentation animale. Si le grain est sec (12- 13 pour cent d’eau), il peut être entreposé pendant plusieurs années, à condition de le traiter avec soin. De ce fait, le taux d’humidité favorable pour le stockage est de 14%, s’il y a surséchage ou si le grain n’est pas suffisamment sec, des pertes sont constatées :
 les pertes de poids par surséchage,
 les risques sur l’infestation des insectes sur les produits de stockage qui présentent des conditions favorables à leur développement telles que les balles déchirées qui facilitent la pénétration des insectes dans la couche interne des graines, et, le développement / prolifération des insectes avec un taux d’humidité élevé des grains. Par conséquent, il est souhaitable de doter les producteurs d’humidimètre, facile à manipuler pour mesurer et apprécier le taux d’humidité exact du produit. Vu que la détermination de la teneur en eau des grains est une opération d’une importance particulière dans toutes les phases du système après-récolte. Avant la récolte, par exemple, elle permet d’apprécier l’état de maturité des grains. Après le battage, elle sert à décider des modes et des temps de séchage. Avant et pendant le stockage, elle aide à décider des conditions d’entreposage et à apprécier l’état de conservation des grains. Avant la transformation des produits, elle indique si les grains sont en état d’être traités. Il faut dire aussi que dans les campagnes, les paysans ont l’habitude d’évaluer de façon approximative la teneur en eau des grains par des méthodes empiriques. Ces méthodes, basées sur l’expérience de chacun, ne donnent pas une véritable mesure objective, mais une estimation du degré d’humidité, par la perception subjective et sensorielle (tactile, visuelle, olfactive) de certaines caractéristiques des grains. Et , autant que possible , éviter d’effectuer la récolte en temps pluvieux, l’écart entre récolte et séchage étant très limité, le risque de séchage en temps pluvieux est plus grand. Sinon, il convient de prévoir une protection contre les pluies et les condensations nocturnes parce que les alternances séchage – réhumidification favorisent le clivage des grains (sun -cracking), pour ce faire, le climat doit être surveillé de près et la collecte et le ramassage des produits doivent se faire à temps sinon prévoir un hangar avec toiture mobile qu’on peut aisément enrouler le jour et étaler la nuit ou en cas de pluie. Un séchage trop rapide entraîne la formation de fissures très fines dans l’endosperme du grain de paddy (clivage du grain par exposition au soleil). Ces fissures s’élargissent et donnent un fort pourcentage de brisures lors des opérations suivantes. On peut empêcher la formation de ces fissures en faisant subir aux grains un séchage moins rapide, par exemple en augmentant l’épaisseur de la couche de paddy sécher jusqu’à 150 mm et en la remuant fréquemment. Le séchage des produits à stocker, peut être amélioré par différentes méthodes, afin de limiter les pertes éventuelles. Lorsque la quantité à sécher n’est pas trop importante, ou lorsque les conditions atmosphériques du milieu pendant la période qui suit la récolte sont favorables, il est possible d’employer des méthodes améliorées simples comme :
L ’emploi du séchoir amélioré « A LLGATE » / séchage solaire : C’est un système largement adopté dans les pays tropicaux. La plupart du temps, le produit à sécher est étendu en couche mince à même le sol nu sur des nattes à des endroits bien exposés au soleil. Ce système présente plusieurs inconvénients dont : le mélange du produits avec des matières étrangères (grains de sable, particules de terre …), la souillure et le prélèvement des volailles, la réhumidification quand survient la pluie … On peut corriger ces faits par l’emploi d’un séchoir « Allgate »( voir figure ci-dessous ) qui comprend une simple feuille plastique ou si possible une feuille de polyéthylène, pourvue à sa périphérie d’œillets dans lesquels passe une corde. Le produit est disposé en couche mince comme sur une natte ; il est isolé de l’humidité du sol et facilement abrité de la pluie en serrant la corde qui referme la poche.

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Table des matières

INTRODUCTION
PARTIE 1 – GENERALITE
1-1- POURQUOI LE DISTRICT D’AMBOHIMAHASOA ?
1-2- MILIEU D’ETUDE
1-3- PROBLEMATIQUE ET HYPOTHESES
1-4- METHODOLOGIE
1-5- LE SYSTEME POST-RECOLTE
1-5-1- Récolte
1-5-2- Transport des gerbes vers l’aire de battage
1-5-3- Séchage avant battage
1-5-4- Battage
1-5-5- Séchage après battage
1-5-6- Vannage – nettoyage apres sechage
1-5-7- Transport des grains de paddy vers le lieu de stockage
1-5-8- Stockage
1-5-9- Transformation
1-6- LES PROBLEMES RENCONTRES DANS LE SYSTEME POST -RECOLTE ET LES PERTES APRES RECOLTE
1-6-1- Problèmes rencontrés dans le système post-récolte du riz
1-6-2- Les pertes après-récolte
1-6-2-1- Généralités – Définitions
1-6-2-2- Notions de pertes
a) Les pertes de poids
b) Les pertes de qualité
1-6-2-3- Les différentes causes des pertes
1-6-2-3-1- Pertes dues à la dessiccation
1-6-2-3-2- Pertes dues aux parasitismes
1-6-2-3-3- Pertes dues à la manutention
1-6-2-3-4- Pertes dues à l’action du milieu ambiant
CONCLUSION PARTIELLE
PARTIE 2 – RESULTATS ET INTERPRETATIONS 
I – GENERALITE SUR LES PERTES
II – EVALUATION DES PERTES PAR ETAPES
2.1 Les pertes à la récolte
2.2 Les pertes pendant le transport vers l’aire de battage
2.3 Les pertes pendant le battage
2.4 Les pertes pendant le séchage
2.5 Les pertes pendant le vannage – nettoyage
2.6 Pertes globales des parcelles de la récolte au vannage
2.7 Les pertes pendant le transport vers le local de stockage
2.8 Les pertes pendant le stockage
2.8.1 Résultat
2.8.2 Interprétation
2.9 Les pertes pendant la transformation
2.9.0 Les attentes en ce qui concerne l’opération de transformation
2.9.1 Résultat
2.9.2 Interprétation
2.10 La perte après récolte totale en général
VERIFICATION DES HYPOTHESES
CONCLUSION PARTIELLE
PARTIE 3 – MESURES À PRENDRE ET PROPOSITIONS D’AMELIORATION POUR LA REDUCTION DES PERTES POSTRECOLTE
3-1- LIMITATION DES PERTES A LA RECOLTE
3-2- LIMITATION DES PERTES AU TRANSPORT DEPUIS LE CHAMP VERS L’AIRE DE BATTAGE
3-3- LIMITATION DES PERTES AU BATTAGE
3-4- LIMITATION DES PERTES AU SECHAGE
3-5- LIMITATION DES PERTES AU VANNAGE – NETTOYAGE
3-6- LIMITATION DES PERTES AU STOCKAGE
3.6.1 Maîtrise des facteurs externes aux grains
3.6.2 Maîtrise des facteurs internes aux grains
3.6.3 Suggestions d’amélioration
3.6.3.1 Pour la lutte contre les insectes
3.6.3.2 Pour la lutte contre les rongeurs
3.6.3.3 Pour la lutte contre les moisissures
3.6.4 Proposition d’amélioration des greniers
3.6.4.1 Modification des greniers existants
a) Le lava-bary
b) Le tranom-bary
3.6.4.2 Les nouveaux modes de stockage
3.6.4.2.1 Silo métallique
3.6.4.2.2 Les fûts métalliques
3.6.4.2.3 Greniers en banco
3-7- LIMITATION DES PERTES A LA TRANSFORMATION DU PADDY EN RIZ BLANC
3.7.1 En ce qui concerne les machines
3.7.2 En ce qui concerne le produit
3.7.2.1 Propreté du produit à transformer
3.7.2.2 Choix de la variété
3.7.2.3 Le riz étuvé
3.7.2.3.1 Généralités
3.7.2.3.2 Avantages et inconvénients du riz étuvé
CONCLUSION PARTIELLE
CONCLUSION GENERALE
ANNEXES
BIBLIOGRAPHIE

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