ETUDE DU SYSTEME D’APPROVISIONNEMENT EN MEDICAMENTS A MADAGASCAR

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La planification de l’approvisionnement

La logistique pharmaceutique n’existe pas séparément, mais comme un très important sous-système du système de santé qui fournit des services à des gens qui en ont besoin. Lorsqu’on élabore un plan d’approvisionnement, il faut respecter les 6 étapes suivantes :
* constituer une équipe de planification logistique,
* définir les buts et les objectifs du secteur de santé,
* choisir les priorités,
* décrire la situation logistique et les ressources disponibles,
* identifier les lacunes,
* concevoir une stratégie pour améliorer la situation.
Une fois que le plan a été élaboré, il faut concevoir une stratégie pour sa mise en œuvre ; une fois que les changements ont été réalisés il faut évaluer les effets de ces changements et utiliser les résultats de cette évaluation pour rectifier les plans futurs. Ces trois phases, planification, mise en œuvre, évaluation se répètent continuellement et forment « le cycle itératif de la planification ». La figure n° 2 montre les deux façons dont ce cycle peut fonctionner. Dans la première stratégie, le modèle planification, mise en œuvre, évaluation ressemble au mouvement d’une bicyclette à deux roues de taille égale. Cette stratégie implique que le plan soit conçu pour le système logistique dans son ensemble, mis en œuvre, évalué et rectifié suivant les besoins. Etant donné l’état actuel des systèmes logistiques dans la plupart des pays en développement, il faut parfois plus de cinq ans pour suivre cette approche.
La seconde stratégie ressemble à une spirale qui s’élargit progressivement. Les cycles initiaux de planification sont plutôt petits aussi bien dans le temps que dans l’espace, la mise en œuvre se fait par paliers, ce qui permet des évaluations et des rectifications rapides des plans. L’expérience gagnée est ensuite incorporée dans les cycles suivants qui s’élargissent progressivement. Ce processus diminue les risques de faire d’énormes erreurs et de gaspiller des ressources limitées pendant les premières étapes.

La sélection de médicaments

Dans certains pays en développement, plus de 40% des budgets de santé sont consacrés à l’achat de produits pharmaceutiques. Pourtant, de larges secteurs de la population n’ont pas accès aux médicaments essentiels nécessaires pour prévenir ou traiter les maladies dominantes. Les faibles ressources disponibles sont fréquemment utilisées pour acheter des médicaments inefficaces, voire même dangereux et souvent mal utilisés.
L’élaboration d’une liste de médicaments essentiels et d’un formulaire pour les programmes de santé publique est le meilleur moyen pour que les notions d’efficacité, d’innocuité et d’économie des médicaments soient prises en compte.
La sélection des médicaments ne devrait être faite qu’après avoir déterminé les maladies dominantes traitées dans le pays, les caractéristiques des patients et le niveau de formation du personnel médical. L’OMS à soigneusement étudié le processus de la sélection et a suggéré des critères de sélection. Les principes majeurs sont :
o Sélectionner les médicaments qui sont d’une efficacité prouvée et présentent des risques acceptables déterminés par des méthodes scientifiques.
o Sélectionner le nombre minimum de médicaments nécessaire pour traiter les maladies dominantes,
o Comparer les produits nouveaux avec les produits qui ont une efficacité reconnue et n’inclure les nouveaux que s’ils ont des avantages importants sur les produits déjà utilisés,
o N’inclure des associations de médicaments que si elles présentent un bénéfice réel,
o Lorsque plusieurs alternatives existent, sélectionner les médicaments qui, par leurs indications, sont des médicaments de choix pour les maladies dominantes,
o Evaluer l’impact administratif et les coûts des produits en terme d’achat, de stockage et de distribution,
o Sélectionner des produits pour lesquels des normes de qualité adéquates ont été élaborées,
o Evaluer précisément les contre-indications précautions et réfractions secondaires de façon à pouvoir obtenir un rapport avantages/risques pour le produit,
o Faire apparaître les médicaments sous leur nom générique dans le formulaire ou dans les commandes.
Pour déterminer la quantité de médicaments à acquérir trois méthodes d’évaluation des besoins peuvent être utilisées.

L’évaluation basée sur la population

Cette méthode commence par une analyse épidémiologique des données sur les maladies les plus fréquentes. Elle détermine ensuite la fréquence de chaque maladie pendant l’année pour l’ensemble de la population prise par tranches d’âge. L’utilisation de schémas thérapeutiques standards permet ensuite de calculer les quantités de chaque médicament nécessaire.

Evaluation basée sur les services

Cette évaluation est basée sur le nombre de services fournis par le programme. Il s’agit d’une approche qui incorpore les contraintes techniques, financières, administratives et culturelles dans le plan logistique ; il en résulte une quantité de médicaments moindre qu’avec la méthode basée sur la population.

Evaluation basée sur la consommation

Cette méthode évalue les besoins à partir de la consommation des médicaments effectuée durant les années passées. La prévision de la demande future repose sur l’hypothèse que le processus continuera sans changement pendant toute la période prévue.

L’acquisition 

C’est au cours du cycle d’acquisition que se prennent toutes les décisions concernant la gamme de médicaments disponibles, les quantités obtenues, les prix à payer, la qualité des médicaments et du conditionnement.
L’acquisition représente le processus qui permet de réunir ce dont on a besoin. Il est essentiel que les activités d’acquisition soient réalisées par un personnel formé, utilisant des procédures connues, et ayant à sa disposition de bonnes informations sur la consommation et sur les stocks. Après la sélection, l’acquisition comporte les étapes suivantes :
ª Choix d’une méthode d’acquisition
Le processus d’achat peut se faire selon les cas : – par achat direct – par appel d’offres
Des conditions commerciales (exemple : calendrier de paiements) auront une influence importante sur le prix, la qualité des médicaments et la rapidité de la livraison.
ª Sélection des fournisseurs
Pour réaliser correctement cette activité, il faut connaître les sources des médicaments, avoir le potentiel nécessaire pour localiser les fournisseurs et des moyens pour évaluer leur sérieux.
ª Fixation des clauses du contrat
ª Surveillance des étapes de la commande
ª Réception et contrôle des médicaments
ª Paiement des fournisseurs

Le mode d’achat

Les principaux modes d’achat sont les suivants :

Franco à domicile

Le prix payé comprend la livraison à un ou plusieurs points déterminés et le paiement est effectué lorsque la livraison a été faite à la satisfaction du destinataire et après acceptation de la marchandise par celui-ci.
Le prix payé englobe également les frais d’assurance et de transport, les frais de dédouanement et de l’enlèvement. Cette méthode peut être envisagée pour des organisations encore néophytes en matière d’opérations d’achat et qui ne possèdent pas les compétences nécessaires pour procéder elles-mêmes à l’enlèvement des marchandises au lieu d’arrivée.

F.O.B. (Franco à bord)

Le fournisseur est payé dès que les marchandises ont été chargées à bord du navire dans le port d’embarquement ; le paiement s’effectue à l’aide de lettres de crédit que l’acheteur doit établir après avoir passé sa commande et avant que les dispositions soient prises pour la livraison.
Les arrangements en matière d’expédition et d’assurance incombent à l’acheteur.

C.A.F. (Coût, Assurance, Fret)

Le fournisseur sera payé lors de la remise des documents prouvant que la marchandise a été chargée sur un navire à destination du port d’arrivée. C’est à l’acheteur qu’il incombe de procéder à l’enlèvement de la marchandise et le prix sera inférieur à celui pratiqué dans le système « franco à domicile ».

Coût et fret

Le fournisseur sera payé lors de la remise des documents prouvant que la marchandise a été chargée sur un navire à destination du port d’arrivée et c’est l’acheteur qui est responsable de l’enlèvement de la marchandise au port. En pareil cas, le gouvernement dispose de son propre fonds d’assurance.

Procédures d’achat

Courtiers extérieurs

Les achats peuvent être pratiqués par des organismes extérieurs. Lorsque le pays a fixé la quantité de médicaments requise et les normes concernant ceux- ci, l’opération est confiée à un courtier extérieur : voici quelques exemples de ce genre d’organismes :
– Bureaux d’achat
Dans certains cas, le pays intéressé effectue un achat auprès de l’ancienne puissance coloniale. Ce genre d’opération peut se justifier du fait des compétences plus grandes d’une agence extérieure, qui dispose également d’ouvertures plus larges sur les marchés mondiaux.
– Organisations internationales
¨ Des organisations telles que l’OMS et l’UNICEF procèdent également à des achats limités pour le compte de plusieurs pays. L’OMS dispose d’un système d’achat de première nécessité (pour un montant ne dépassant pas l’équivalent de US $ 25.000) prévoyant l’acquisition de matériels et de fournitures de secours indispensables pour faire face à des situations imprévisibles qui constituent une menace immédiate et sérieuse à l’égard de la santé publique.
– L’International Dispensary Association ou IDA des Pays-Bas et l’ECHO (Equipment to Charity Hospitals Overseas) dirigé par le Joint Mission Hospital Equipment Board Limited, au Royaume-Uni, se chargent de l’achat et de la livraison de fournitures pour le compte d’œuvres de charité à l’étranger (Hôpitaux et dispensaires).

Achats nationaux

La première condition du bon fonctionnement d’un système centralisé d’achat est de s’appuyer sur une liste précise et normalisée de médicaments.
Lors de la création d’un service central national d’achat, il convient de tenir compte des procédures et des politiques administratives et fiscales officielles en usage, afin qu’il n’y ait pas de conflits entre lesopérations que l’on se propose d’exécuter et les dispositions en vigueur. Voici les diverses modalités financières d’achat généralement utilisées :
· Achats occasionnels ne dépassant pas un montant total annuel de US $ 2.000,
· Achats locaux sur demande de prix, pour un montant annuel total ne dépassant pas US $ 10.000. Les appels doivent être adressés à 5 fournisseurs au moins,
· Appels d’offres, dans le cas de dépenses annuelles dont le montant total dépasse US $ 10.000.

Distribution

Que le système de distribution existe déjà ou qu’il soit à créer, une planification systématique est essentielle pour que les ressources toujours limitées de stockage, de transport et de personnel soient utilisées efficacement. Les éléments clés dans la conception d’un système, qu’il soit nouveau ou ancien, sont les points de stockage, les moyens de transport, le système d’information et les procédures de manutention des matériaux.
La figure n° 3 montre le flux des médicaments et de l’information dans un système typique d’approvisionnement en médicaments.
La garantie de qualité dans les systèmes d’approvisionnement en médicaments du secteur public a pour but de s’assurer que les médicaments qui arrivent jusqu’aux malades sont sûrs et efficaces.
Il y a de nombreuses façons de définir et de tester la qualité d’un médicament. Des normes de qualité reconnues sont publiées périodiquement. Pour les soins de santé primaires, les caractéristiques les plus importantes d’un médicament sont :
¨ L’identité
Le principe actif correct doit être dans le produit.
¨ La pureté
La plupart des médicaments contiennent des principes actif et d’autres ingrédients qui sont ajoutés pour la consistance et la couleur. Il est important que ces ingrédients ne contiennent pas de contaminants potentiels nocifs ou des quantités importantes d’autres médicaments.
¨ L’activité
Le médicament doit contenir la quantité exacte de principe actif. La plupart des pharmacopées acceptent que le médicament contienne entre 95 et 110% de la quantité inscrite sur l’étiquette.
¨ L’uniformité
La consistance, la couleur, la forme et la taille des comprimés, des capsules, des crèmes et des liquides ne doivent pas varier d’une dose à la suivante.
¨ La biodisponibilité
Souvent un médicament paraîtra excellent et passera tous les tests analytiques mais une fois donné au malade, il ne sera pas absorbé correctement dans la circulation sanguine et n’aura pas, de ce fait, l’effet thérapeutique attendu.

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Table des matières

INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : GENERALITES SUR LE SYSTEME D’APPROVISIONNEMENT EN MEDICAMENTS
1.Leprocessus d’approvisionnement
1.1.La planification de l’approvisionnement
1.2.La sélection des médicaments
1.2.1.L’évaluation basée sur la population
1.2.2 Evaluation basée sur les services
1.2.3.Evaluation basée sur la consommation
1.3.L’acquisition
1.3.1.Le mode d’achat
1.3. Procédures d’achat
1.4.Distribution
1. La garantie de qualité
2 Le financement de l’approvisionnement
2. Evaluation des options de financement
2. Choix d’une stratégie de financement
DEUXIEME PARTIE : ETUDE DU SYSTEME D’APPROVISIONNEMENT EN MEDICAMENTS A MADAGASCAR
1.Cadre ’étude
1.1.LaDirection des Pharmacies et des Laboratoires ou DPL
1.2. Utilisation des locaux
2. Méthodologie
2.1. Méthode l’étude
2.2. Paramètres d’étude
3. Résultats
3.1. Les donnéessanitaires et démographique
3.2. Les services de santé
3.3. Le système d’approvisionnement en médicaments
3.3.1. La sélection
3.3.2. L’acquisition
3.3.3. La distribution
TROISIEME PARTIE : COMMENTAIRES, DISCUSSIONS ET SUGGESTIONS
1. COMMENTAIRES ET DISCUSSIONS
1.1. Le système d’approvisionnement
1.1.1. Le secteur pharmaceutique public
1.1.2. Le secteur pharmaceutique privé
1.2. L’agence du médicament
1.3. Accessibilité géographique et disponibilité
2. Suggestions
2.1. Créer un cadre législatif et réglementaire adéquat du secteur pharmaceutique
2.2. Améliorer l’approvisionnement en médicaments des formations sanitaires publiques
2.3. Accroître les ressources financières disponibles dans le secteur public
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE

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