La forêt classée (FC) de Mahon est située entre 12°53’00.27’’N et 14°50’59.89’’W (Google earth). Elle est localisée dans la communauté rurale de Bagadadji, à l’exception d’une toute petite partie qui se t rouve dans la communauté rurale de Dioulacolon (la pointe ouest) P.A.E.F.K, 2007, une autre portion dans la communauté rurale de Ndorna (Nord) et environ à moins de 5 km du centre ville-Kolda, sur l’axe Kolda- Tambacounda. La forêt a été classée en 1942, par l’administration coloniale avec, comme référence, le n° 2574 SE/F du 18.8.1942 arrêt général, (Archives nationales).
Les limites sont les suivantes :
➤ le point d’intersection des routes Kolda-Mampatim et Kolda-Salikégnie ;
➤ le point situé sur la piste Dioufana et 3.420 mètres au Nord de A ;
➤ le point situé à 8.650 mètres du point B sur une droite BC faisant un angle de 86°5 vers le nord géographique ;
➤ le point sur une droite CD faisant un a ngle de 2° vers l’Est avec le nord géographique à l a rencontre de cette droite avec la rive gauche du fleuve Casamance ;
➤ le confluent du marigot de Mahon et de la rive Casamance ;
➤ le point de la route Kolda-Mampatim franchit le marigot de Mahon.
Localisée dans la partie sud du Sénégal, la forêt classée (FC) de Mahon bénéficie de conditions climatiques, édaphiques et végétales, encore plus favorables que le reste des régions du pays : les régions centrales et celles du nord. Sur le plan climatique, la formation appartient à la zone soudanienne, caractérisée tout comme le reste du sahel, par la division de l’année climatique en deux saisons très marquantes : une saison non pluvieuse et une autre pluvieuse, le plus souvent appelée hivernage. Ces deux phases caractéristiques de l’année climatique du domaine soudanien vont introduire une série de conséquences dans les manifestations des paramètres climatiques (les températures, pluies, l’évaporation et la transpiration, les phénomènes phénoménologiques des végétaux, l’insolation etc.) .
Du point de vue de la topographie et des sols, à l’instar de tous les pays soudaniens, elle fait ressortir des variantes pédologiques qui, dans leur majorité sont quasi identiques de la zone. Ces sols, même s’ils ne sont pas tous représentés dans l’espace forestier, mettent en relief le caractère ferrugineux. Sur le plan végétal et botanique, la FC de Mahon fait apparaître des typologies dans l’occupation du s ol, par les strates végétales selon la domination d’arbres, arbustes, arbrisseaux et herbes. Dans cette association diverse, ont découvre plusieurs espèces à valeur économique différente et dont les usages tant en terme de produit ligneux (PL) que non ligneux (PNL) s’échelonne, selon l’importance, le besoin et l’utilité que les populations perçoivent. En fonction de cette perception, il apparaît ainsi dans le temps et dans l’espace une diversité des activités lesquelles sont en rapport avec le mode de vie, les systèmes pastoraux ou agricoles ou encore avec la plus ou moins influence de la demande urbaine et de la proximité de celle-ci. D’un autre côté les caractéristiques démographiques des populations, en relation directe avec le milieu, restent un facteur essentiel dans la compréhension des phénomènes. Ces caractéristiques (niveau instruction, activités professionnelles, situation matrimoniale etc.) pouvant être des catalyseurs de la dynamique.
ELEMENTS DE LA PROBLEMATIQUE
PROBLEMATIQUE
Contexte
La Casamance, le plus souvent qualifiée de région naturelle, a la chance de disposer d’un ensemble d’entités ou unités géographiques parmi lesquelles la forêt figure comme l’élément le plus marquant e t celui qui attire le plus l’attention. La forêt, dans tout ce qu’elle offre comme beauté, loisir (par le tourisme et la chasse) et comme ressources naturelles exploitables, qu’il s’agisse des PFL (bois, tiges) et des PFNL (fruits, résines, feuilles, écorces, racines). Un simple voyage dans cette partie du Sénégal permet non seulement de découvrir des écosystèmes riches mais aussi d’admirer des environnements forestiers divers. La partie méridionale est divisée en trois parties ou espaces géographiques distincts : la moyenne, la basse et la haute Casamance. La forêt que nous étudions appartient à la partie de la Haute Casamance, plus spécifiquement à la région de Kolda. Le travail de recherche intègre une série de travaux réalisés dans plusieurs forêts en milieu tropical et/ou menée par l’organisme mondial pour l’alimentation qu’est la FAO dans le cadre d’une gestion harmonieuse et de pérennisation des ressources naturelles pour les générations futures. Il s’y ajoute que depuis des décennies, naturalistes, écologistes et environnementalistes multiplient efforts et actions de sensibilisation dans le domaine de la protection et de la sauvegarde de la biodiversité menacée gravement par l’homme dans plusieurs parties du monde, attitude liée du pillage et de la disparition progressive des espaces forestiers. Le rôle utilitaire des espaces végétaux pour la vie sur terre n’est pas à démontrer aujourd’hui. Le problème de l’aménagement à des fins d’exploitation vient se greffer aux autres problèmes précédemment soulignés, dans un contexte où les forêts (classée et de terroir) subissent de plein fouet les effets de la forte pression anthropique sur les ressources et de la crise croissante des hydrocarbures fossiles, occasionnant du c oup le recours aux combustibles à base des produits ligneux (charbon de bois) surtout en Afrique. Cette question d’aménagement, comme le font remarquer les services de la DEFCCS est plus que d’actualité pour tout le patrimoine forestier sous tutelle de l’Etat à travers les services compétents. L’aménagement de Mahon e st en cours depuis 1991, c omme il est souligné dans le plan d’aménagement des deux formations d’octobre 2007 (Mahon et Bakor), par le P.A.E.F.K et dont le FRK est le précurseur.
La proximité de la ville et les effets induits sont d’autres problèmes à intégrer, quand on sait que la demande en produits d’équipements est très pressante et le nombre d’intervenants dans la filière bois important. Ainsi décrite, la forêt de Mahon n’échappe pas à cet état de fait se traduisant par une dynamique dont les processus et les mécanismes sont multiples. Ce travail de recherche s’inscrit dans le même contexte global et local où les forêts, même classées, sont soumises à u ne dynamique dont l’homme, s’il n’en est pas l’élément fondamental, contribue d’une manière ou d’une autre à son amplification. Au Sénégal, nous assistons aujourd’hui, à une exploitation systématique des forêts, activité dévastatrice des ressources ligneuses.
LE CADRE PHYSIQUE
Les forêts sont des espaces fortement dépendant des conditions physiques du milieu. Ces éléments physiques dans leur variation influent directement sur la structuration des formations. Le climat, le relief, l’hydrographie et les sols sont des facteurs déterminant dans la compréhension des variations majeures des forêts. Ils ont donc une forte influence dans le processus dynamique des formations. Dans ce chapitre nous traiterons du climat, du relief, de l’hydrographie, des sols et de la végétation dans la zone d’étude.
LES FACTEURS CLIMATIQUES
La Haute Casamance est comprise dans la zone climatique soudanienne selon les subdivisions de Leroux (1980). Une division de l’espace tropical en quatre zones climatiques en fonction des manifestions des paramètres climatiques : la zone Désertique, Sahélienne, Soudanienne et Equatoriale. Cette partie la plus occidentale de la zone méridionale en particulier la forêt de Mahon est soumise globalement aux mécanismes de la circulation atmosphérique tropicale. La circulation atmosphérique au niveau des tropiques est surtout rythmée par les situations de l’équateur météorologique (EM). Sa position est migrante de part et d’autre de l’Equateur Géographique en fonction de la situation du soleil et de la force des poussées des cellules anticycloniques : les hautes pressions tropicales (HPT) et les basses pressions intertropicales (BIP). Ces cellules sont à l ’origine de la mise en mouvement de deux types de flux à l’intérieur de la bande des tropiques : les flux de mousson et les alizés (Sagna, 2000). La migration de l’EM pour ce qui concerne le Sénégal, zone que nous étudions, fait ressortir deux observations majeures : une période où l’EM couvre tout le pays et une autre période où elle se maintient très loin de nos frontières. Ainsi, en été boréal, la position de l’EM englobe tout le territoire, alors qu’en hiver elle se trouve bien en- dessous du pays.
La conséquence de cette fluctuation des flux qui découle du mécanisme général atmosphérique en milieu tropical est l’alternance de deux types d’épisodes, en fonction des saisons : un épisode pluvieux (hivernage) et un épisode non pluvieux ou saison sèche. La période pluvieuse est marquée par la présence de la mousson alors celle non pluvieuse, nous n’avons que des alizés, donc une quasi absence de pluie (les rares pluies sont dites des pluies de « mangue » ou « heug »).
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Table des matières
INTRODUCTION GENERALE
PREMIERE PARTIE : Eléments de la problématique et cadre physique, humain et socio-économique du terroir ou zone d’influence
CHAPITRE I : Eléments de la problématique et Méthodologie
Problématique
Méthodologie
CHAPITRE II : Le Cadre Physique
CHAPITRE III : Le Cadre humain et socio-économique
DEUXIEME PARTIE : Etude de la dynamique de la forêt classée de Mahon : Placettes d’inventaire, facteur de la dynamique, aménagement et perspective sur la dynamique de la fc
CHAPITRE IV : Dispositif et Résultats des travaux de terrain
CHAPITRE V : Dynamique de la forêt de Mahon : Manifestation et les facteurs
CHAPITRE VI : Aménagement et Perspective sur la dynamique de la fc
Conclusion générale
Annexes
Bibliographie