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Rรดle du corps ciliaire
Il joue un rรดle essentiel dans lโaccommodation. Il est amarrรฉ par le zonule de Zinn (qui est un rรฉseau de fibres) le liant au cristallin [7]. Il dรฉpend du systรจme parasympathique entraรฎnant une contraction circulaire puis une avancรฉe du muscle qui a pour consรฉquence de relรขcher la zonule. Il semble que lโaction du systรจme orthosympathique soit en relation avec la fonction de rรฉgulation par action musculaire antagoniste et donc zonulaire. Sa contraction agit principalement sur la forme du cristallin par lโintermรฉdiaire de lโaction zonulaire. Le systรจme orthosympathique contracte les fibres longitudinales dont lโaction est prรฉdominante sur la position antรฉro-postรฉrieure du cristallin [8].
Le corps ciliaire est responsable de la dรฉformation du cristallin par lโintermรฉdiaire des zonules de Zinn : ces dรฉformations du cristallin permettent une bonne mise en place des images des objets sur la rรฉtine.
LA RETINE
Description
Il s’agit d’un tissu neuronal trรจs fin, qui fait partie du systรจme nerveux central, de 0,1 ร 0,5 mm d’รฉpaisseur, organisรฉe en dix couches de cellules. Celles-ci comprennent l’รฉpithรฉlium pigmentaire, la couche des photorรฉcepteurs, la membrane limitante, la couche granuleuse et la couche plexiforme externes et internes, la couche des cellules ganglionnaires, la couche des fibres optiques et finalement la membrane limitante interne [7].
La couche des fibres optiques, composรฉe des axones des cellules ganglionnaires ร lโorigine des fibres du nerf optique ;
La couche plexiforme interne, qui contient des dendrites provenant des cellules ganglionnaires reliรฉes entre elles par les cellules amacrines ;
La couche plexiforme externe, contenant les prolongements provenant des cellules bipolaires et des cellules horizontales ;
La couche nuclรฉaire interne ou des grains internes, composรฉe des cellules bipolaires, horizontales et de Mรผller dont les prolongements forment la membrane limitante interne du cรดtรฉ interne de la rรฉtine et une membrane limitante externe dans la couche rรฉceptrice ;
La couche nuclรฉaire externe ou couche des grains externes, composรฉe des corps cellulaires des cรดnes et des bรขtonnets (figure 2);
La couche rรฉceptrice de la rรฉtine, reposant prรจs de la choroรฏde sur lโรฉpithรฉlium pigmentaire [9].
La rรฉtine possรจde plusieurs zones oรน lโacuitรฉ visuelle varie. La fovรฉa est la zone dโacuitรฉ maximale. Dรฉcalรฉe de quatre degrรฉs par rapport ร lโaxe optique, elle contient en son centre, la foveola oรน les cellules photo-rรฉceptrices sont moins nombreuses. La rรฉgion pรฉriphรฉrique de la fovรฉa est colorรฉe en jaune ce qui traduit une acuitรฉ visuelle plus nette et une quantitรฉ de cellules photorรฉceptrices plus importante par rapport ร la fovรฉa. Notons enfin que la zone dโoรน part le nerf optique sโappelle la tache aveugle. Elle ne contient aucune cellule photorรฉceptrice [10].
Rรดle de la rรฉtine
Tapissant le fond de l’ลil, la rรฉtine est le lieu de rรฉception du message lumineux venant de l’extรฉrieur quโil traduit et assure sa transmission au cerveau par lโintermรฉdiaire du nerf optique [7]. Les photorรฉcepteurs reรงoivent lโinformation optique par lโintermรฉdiaire des pigments visuels et la transmettent sous forme dโinflux nerveux au cerveau grรขce ร plusieurs types de cellules. Les cellules bipolaires, dโabord, qui lient les photorรฉcepteurs et les cellules ganglionnaires. Elles sont de deux types. Les petites sont associรฉes aux cรดnes et les grosses aux bรขtonnets. Les cellules horizontales et amacrines, elles, porte le message de la propagation de lโinformation latรฉralement. En fin, lโimpulsion visuelle est propagรฉe via les cellules ganglionnaires, en contact avec les fibres du nerf optique
[10]. Les cรดnes sont responsables de la vision des couleurs et la zone riche en bรขtonnets est responsable de la vision dans lโobscuritรฉ, de faible rรฉsolution, pรฉriphรฉrique et sensible au mouvement, dont le temps dโadaptation aux modifications de lโillumination est assez long [1].
LA SCLEROTIQUE
La sclรฉrotique, ou sclรจre, est la couche externe de la cavitรฉ de lโลil sur laquelle sont attachรฉs les muscles moteurs [12]. Elle couvre les quatre cinquiรจmes postรฉrieurs du globe de lโลil, elle est rรฉsistante, fibreuse sa face externe est convexe et sa face interne concave. Sa partie postรฉrieure renferme un petit orifice permettant le passage du nerf optique [13]. La sclรฉrotique est maintenue humide et propre par les larmes. Trรจs exposรฉe, elle est richement innervรฉe par des terminaisons provenant de la branche ophtalmique du trijumeau (VI) [1]. En avant, elle est percรฉe dโun large trou, de six lignes de diamรจtre environ, qui est taillรฉe en biseau aux dรฉpens de la face interne, et reรงoit la cornรฉe transparente qui semble y รชtre enchรขssรฉe.la sclรฉrotique joue un rรดle important dans la protection et la mise en forme de lโลil.
LA CORNEE
Le diamรจtre moyen est de 11,5 mm avec un diamรจtre horizontal de 11,7 mm supรฉrieur au diamรจtre vertical de 10,6mm au niveau de la face postรฉrieure. L’รฉpaisseur cornรฉenne est de 1 mm en pรฉriphรฉrie et de 0,5mm au centre. La cornรฉe est un exemple de lentille Spherocylindrique et l’รฉlรฉment rรฉfractif le plus important de tout le systรจme oculaire humain, dรฉterminant ร elle seule les deux tiers du pouvoir rรฉfractif de l’ลil en l’absence d’accommodation. La cornรฉe est constituรฉe de 5 couches (figure 5), dโavant en arriรจre : lโรฉpithรฉlium cornรฉen, Membrane de Bowman, Stroma, Membrane de Descemet et lโendothรฉlium [14]. La cornรฉe est convexe en avant, et concave en arriรจre, elle est un prolongement dโun segment plus petit sur la sclรฉrotique. Sa face antรฉrieure est parfaitement lisse, avec une expansion fine de la conjonctive ; sa face postรฉrieure, concave et liรฉe ร l’humeur aqueuse. Elle ne paraรฎt pas contenir de nerfs ni de vaisseaux sanguins [13]. Sa courbure dรฉpend des individus et varie aussi avec lโรขge. La puissance rรฉelle de la cornรฉe est sensiblement รฉgale ร 42,24 dalton [10].
LA CHOROIDE
Placรฉe sous la sclรฉrotique, la choroรฏde est une membrane molle, d’une couleur brun foncรฉ, qui s’รฉtend depuis l’entrรฉe du nerf optique dans l’ลil jusqu’au point de rรฉunion de la cornรฉe avec la sclรฉrotique. Elle repose sur la rรฉtine, et en est nettement sรฉparรฉe ; en arriรจre, elle offre une ouverture arrondie, garnie d’un rebord saillant, et que traverse le nerf optique ; en avant, elle se continue avec les procรจs ciliaires qui paraissent en dรฉpendre. La choroรฏde paraรฎt essentiellement vasculaire et celluleuse. Les artรจres se distribuent principalement ร sa face externe et les veines ร lโinterne. Les procรจs ciliaires sont de petits replis saillants formรฉs par la partie antรฉrieure de la choroรฏde, qui semble se froncer pour leur donner naissance, ร mesure qu’elle s’approche de la grande circonfรฉrence de l’iris [1]. La choroรฏde est le tissu nourricier de lโลil : il apporte l’oxygรจne et les nutriments dont les cellules ont besoin pour leur mรฉtabolisme [7]. La choroรฏde prรฉsente trois couches et soutient la rรฉtine : le stroma choroรฏdien (ou couche des vaisseaux) ; la couche choriocapillaire et la membrane de Bruch.
LโHUMEUR AQUEUSE
Cโest un liquide salin et alcalin sous pression qui maintient ainsi la rigiditรฉ du globe oculaire. Lโhumeur aqueuse est le liquide qui remplit la chambre antรฉrieure et la chambre postรฉrieure de lโลil. Elle est le dรฉterminant le plus important de la pression intraoculaire. En outre, elle assure รฉgalement une fonction mรฉtabolique nutritionnelle et dโรฉlimination des dรฉchets pour le cristallin, la cornรฉe et le trabรฉculum [8]. Formรฉe ร partir du plasma au niveau des procรจs ciliaires du corps ciliaire, elle va รชtre รฉliminรฉe au niveau de lโangle irido-cornรฉen par la voie principale trabรฉculo-canaliculaire et par les voies accessoires uvรฉo-sclรฉrales. Lโhumeur aqueuse provient du sang mais sa composition est bien diffรฉrente, les deux liquides biologiques รฉtant sรฉparรฉs par la barriรจre hรฉmato-aqueuse. Celle-ci est constituรฉe de lโensemble des structures uvรฉales qui sรฉparent le sang des capillaires iriens et ciliaires de lโhumeur aqueuse.
Lโeau est le principal constituant de lโhumeur aqueuse (99,6%). Parmi les autres constituants, certains ont des concentrations plus faibles que dans le sang : acides aminรฉs, protรฉines de structure, enzymes, glucose, urรฉe, acide urique, crรฉatinine et bicarbonates; dโautres ont des concentrations plus รฉlevรฉes : sodium, chlorure, acide ascorbique, acide lactique; dโautres ont des concentrations voisines de celles du sang : potassium, calcium, phosphates. La formation de lโhumeur aqueuse a lieu principalement au niveau des procรจs ciliaires qui sont au nombre de 70 ร 80 [8].
LโHUMEUR VITREE
Le corps vitrรฉ est une masse gรฉlatineuse et transparente qui remplit la cavitรฉ oculaire en arriรจre du cristallin. Son rรดle est de conserver la pression intraoculaire, ainsi que la rigiditรฉ du globe oculaire, permettant ainsi de maintenir la rรฉtine contre les parois de lโลil [16].
LโIRIS
Devant le cristallin est situรฉ lโiris, partie colorรฉe de lโลil, entourรฉ dโune couronne de fibres musculaires circulaires responsables de sa contraction (myosis) et traversรฉ par des fibres musculaires radiaires responsables de sa dilatation (mydriase) [17]. Lโiris contient des cellules pigmentรฉes et des cellules musculaires, il est composรฉ de quatre couches : la couche limitante antรฉrieure, le stroma, la couche du muscle dilatateur et lโรฉpithรฉlium postรฉrieur [18].
LA PUPILLE
La pupille est le trou circulaire de diamรจtre variable dont est percรฉ lโiris. Elle joue le rรดle dโun diaphragme. Rendue plus petite par un rรฉflexe solidaire de lโaccommodation, elle amรฉliore la prรฉcision de lโimage rรฉtinienne en diminuant les aberrations et en jouant le rรดle dโun โtrou stรฉnopeiqueโ, cโest-`a-dire en fournissant une image nette quelle que soit lโamรฉtropie (dรฉfaut de lโลil nรฉcessitant une accommodation pour voir ร lโinfini). La variation rรฉflexe du diamรจtre pupillaire avec lยดรฉclairement est un des facteurs de lโadaptation de lโลil ร la lumiรจre. Ce diamรจtre varie ร peu prรจs entre 2 et 8 mm. Plusieurs รฉtudes ont รฉtรฉ effectuรฉes afin de dรฉterminer si le diamรจtre pupillaire est dรฉpendant de lโรขge. La majoritรฉ de ces รฉtudes fut menรฉe sur des yeux adaptรฉs ร lโobscuritรฉ. Cette situation ne reflรจte toutefois quโune partie des conditions rencontrรฉes normalement. Tenant compte de cette lacune, Winn et Col ont รฉtudiรฉ la pupille en fonction de lโรขge selon cinq niveaux de luminance [19]. Lโaccommodation et le hippus (petites oscillations continuent de lโiris) furent surveillรฉs afin de ne pas interfรฉrer avec les rรฉsultats de lโรฉtude. Les auteurs observรจrent une relation linรฉaire hautement significative entre lโรขge et le diamรจtre de la pupille pour tous les niveaux de luminance : comme prรฉvu, les rรฉsultats de ces รฉtudes ont montrรฉ que le diamรจtre pupillaire des personnes รขgรฉes est plus petit que celui des plus jeunes [19].
EMBRYOLOGIE ET DEVELOPPEMENT DU CRISTALLIN II.1. EMBRYOLOGIE DU CRISTALLIN
Formation de lโลil
Lโลil est un organe sensitif pair qui se dรฉveloppe ร partir de la placode รฉpiblastique qui est un รฉpaississement ectodermique dont la formation rรฉsulte dโune interaction entre le tube neural et lโectoderme sus-jacent. Les cellules des placodes sโinvaginent pour former la vรฉsicule optique en relation avec le diencรฉphale. La vรฉsicule optique interagit avec lโectoderme superficiel pour induire la formation de la placode cristallinienne. Cette derniรจre sโinvagine pour former la vรฉsicule cristallinienne. La vรฉsicule optique sโinvagine alors pour devenir une cupule optique. Des sillons apparaissent sur la face ventrale de la cupule et sur la tige optique pour former la fente colobomique. La rรฉtine est formรฉe par les deux couches de la cupule optique. La couche externe donne la couche pigmentรฉe de la rรฉtine et la couche interne prolifรจre pour former les cรดnes et les bรขtonnets ainsi que les corps cellulaires des neurones [20]. Le dรฉveloppement de lโลil et du systรจme nerveux est le rรฉsultat de lโactivitรฉ de gรจnes programmeurs du dรฉveloppement [21]. La famille des gรจnes PAX est impliquรฉe dans le dรฉveloppement des structures oculaires et nerveuses. Le gรจne PAX 6 (chromosome 11) est un gรจne majeur du dรฉveloppement de lโลil, mais les connexions mises en place pendant cette phase manquent de spรฉcificitรฉ et dโorganisation topographique [22]. Dโautres gรจnes sont impliquรฉs dans le dรฉveloppement de lโลil tels que Msx1, Msx2, Dlx1, Dlx2, Pax [20].
Formation du cristallin
La morphogรฉnรจse oculaire dรฉbute au cours de la quatriรจme semaine de vie embryonnaire, alors que lโรฉbauche oculaire sโindividualise des diverticules latรฉraux du cerveau antรฉrieur par des mouvements morphogรฉnรฉtiques complexes [23]. Dans les jours qui suivent, alors que des unitรฉs mรฉtamรฉriques de mรฉsoderme troncal, les somites, se sรฉgrรฉgent de part et dโautre du tube neural en suivant lโรฉlongation du corps, les vรฉsicules optiques issues des รฉvaginations du neuroectoderme, sโรฉlargissent. La progression des vรฉsicules optiques sโopรจre en direction de lโectoderme de surface au contact duquel le neuroectoderme sโรฉpaissit et dรฉtermine le disque rรฉtinien vers le 27รจme jour. Leur croissance latรฉrale est accompagnรฉe par un afflux de cellules mรฉsenchymateuses. De faรงon rรฉciproque, lโectoderme de surface subit รฉgalement une diffรฉrenciation qui dรฉbute, lร encore, par lโรฉpaississement des cellules ร son niveau. Cet รฉpaississement dรฉlimite la placode cristallinienne qui secondairement sโinvagine jusquโร former une vรฉsicule cristallinienne, puis sโindividualise totalement de lโectoderme de surface adjacent pour aboutir ร la formation dโune lentille internalisรฉe sous lโectoderme, le cristallin. La formation de la placode cristallinienne coรฏncide avec lโapparition d’une constriction ร la face proximale de la vรฉsicule optique La vรฉsicule du cristallin se sรฉpare dรฉfinitivement de l’ectoderme de surface avant le 36รจme jour [24].
DEVELOPPEMENT DU CRISTALLIN
Les cellules รฉpithรฉliales du cristallin se referment sur une cavitรฉ et sont bordรฉes extรฉrieurement par une lame basale qui forme la capsule du cristallin. La placode cristallinienne sโรฉpaissit dans lโectoderme en regard des vรฉsicules optiques vers le 27รจme jour. La diffรฉrenciation du cristallin requiert la mise en jeu de deux types de signaux protรฉiques รฉchangรฉs entres les contingents cellulaires prรฉsents, ainsi que la compรฉtence de la placode ร y rรฉpondre : dโune part, un signal inductif, produit par le neuroรฉpithรฉlium, et dโautre part, un signal rรฉpressif du mรฉsenchyme dโorigine crรชte neurale, qui permet la formation de cristallin ร un endroit prรฉcis, en inhibant et contrecarrant le potentiel cristallinien de lโectoderme environnant. Aprรจs lโinduction de la placode, lโectoderme cristallinien sโinvagine en se renfermant sur lui-mรชme, afin de former une vรฉsicule creuse. Lโindividualisation du cristallin de lโectoderme de surface vers le 33รจme jour marque le moment oรน la chambre antรฉrieure commence ร se faรงonner. A la face postรฉrieure de la vรฉsicule cristallinienne, les cellules organisรฉes en couche simple tendent ร se diffรฉrencier sous lโeffet inducteur de la rรฉtine [25]. Ces cellules dรฉbutent une รฉlongation qui les conduit ร croรฎtre vers la lumiรจre de la vรฉsicule cristallinienne et en direction de lโectoderme; cette รฉtape dโรฉlongation est indispensable ร lโacquisition du pouvoir rรฉfractif du cristallin [13].
Croissance du cristallin aprรจs la naissance
ร la naissance, le cristallin prรฉsente un diamรจtre antรฉropostรฉrieur dโenviron 4 mm et un diamรจtre รฉquatorial dโenviron 6,5 mm [26]. Le cristallin est une structure entiรจrement รฉpithรฉliale. La lentille continue de croรฎtre, tout au long de la vie, ร un rythme dรฉcroissant, les cellules plus anciennes perdant leur noyau et devenant plus comprimรฉes au centre ou noyau de la lentille, et des fibres fraรฎches รฉtant continuellement ajoutรฉes ร la pรฉriphรฉrie. On pense que la capsule entourant le cristallin est sรฉcrรฉtรฉe par les cellules รฉpithรฉliales et peut รชtre similaire ร la membrane basale sรฉcrรฉtรฉe sous les cellules dans d’autres rรฉgions du corps. Ainsi, le cristallin prรฉsente plusieurs caractรฉristiques inhabituelles : il est cytologiquement isolรฉ de son environnement ร un stade embryonnaire prรฉcoce et ensuite, il nโy a pas dโรฉchange de cellules entre le cristallin et ses tissus environnants, il ne contient que des cellules รฉpithรฉliales, ร tous les stades de dรฉveloppement et sa croissance ne cesse jamais et son poids augmente tout au long de la vie [27]. Bien que se divisant constamment, l’รฉpithรฉlium ne subit normalement pas de changement nรฉoplasique. La lentille constitue une partie importante du milieu rรฉfractif de l’ลil et sa forme est altรฉrรฉe par le mรฉcanisme d’accommodation [26].
รpaississement du cristallin
Il semble admis que le cristallin sโรฉpaissit au cours des annรฉes. Cet รฉpaississement se ferait dโune faรงon linรฉaire avec lโรขge selon Cook et col. [28] et Brown [29], la partie antรฉrieure augmentant plus rapidement que la partie postรฉrieure. Lโaugmentation du cristallin serait, de plus, presque entiรจrement liรฉe ร lโรฉpaississement du cortex antรฉrieur [30]. Cook et col. [28] nโont remarquรฉ aucune croissance significative du noyau postรฉrieur avec lโรขge dans leur รฉtude menรฉe sur 100 emmรฉtropes รขgรฉs de 18 ร 70 ans. Cependant une lรฉgรจre diminution dโรฉpaisseur du noyau antรฉrieur fut notรฉe. Cet amincissement du noyau semblerait donc, contrecarrer lโaugmentation dโรฉpaisseur corticale qui se fait ร un taux moindre que lโaugmentation de lโรฉpaisseur totale du cristallin. Le manque de rรฉsolution des images rรฉsultant de la mรฉthode utilisรฉe ne permet toutefois pas aux auteurs dโassurer hors de tout doute quโil y a bel et bien une diminution de lโรฉpaisseur du noyau au cours des annรฉes. Comme la longueur du segment antรฉrieur (chambre antรฉrieure et cristallin antรฉrieur) est indรฉpendante de lโรขge, il semble probable que le noyau soit translatรฉ vers la cornรฉe au mรชme taux que lโaugmentation de lโรฉpaisseur du cortex postรฉrieur. Dans une รฉtude plus rรฉcente Koretz et col. ont observรฉ que lโรฉpaisseur et la courbure du noyau restaient ร peu prรจs inchangรฉs [31]. Dans une rรฉcente รฉtude in vivo, Dubbelman et ses collaborateurs ont รฉvaluรฉ la croissance de lโรฉpaisseur cristallin ร 24 pm par an [32]. Ils observรจrent une lรฉgรจre mais significative augmentation de lโรฉpaisseur du noyau avec lโรขge mais les changements de ce dernier sont sept fois moins importants que ceux du cortex [33]. Ils conclurent aussi que lโรฉpaississement du cristallin au fil du temps รฉtait principalement liรฉ ร lโรฉpaississement du cortex antรฉrieur qui serait 1.5 fois plus important que celui du cortex postรฉrieur [33]. Ils utilisรจrent des photos prises par une camรฉra Scheimpflug quโils corrigรจrent pour รฉliminer la distorsion causรฉe par lโincidence oblique du plan de la camรฉra lors de la prise des images et pour la puissance rรฉfractive des surfaces optiques (faces antรฉrieure et postรฉrieure de la cornรฉe et face antรฉrieure du cristallin). Ils observรจrent, de plus, que la distance cornรฉe-cristallin augmentait de faรงon significative avec lโรขge [16]. Plusieurs facteurs ont รฉtรฉ considรฉrรฉs comme รฉtant influents sur lโรฉpaisseur du cristallin dans lโรฉtude de Beaver Dam. Le plus important, selon cette รฉtude, demeure lโรขge [9].
Variation du profil du cristallin
Priestly Smith croyait que le rayon de courbure du cristallin augmentait avec la sรฉnescence [34]. Cependant, Brown [29] conclut le contraire, il observa une diminution du rayon de courbure du noyau et surtout du cortex du cristallin. Cette variation avec lโรขge serait rรฉelle et non un effet optique dรป ร la translation de la face avant du cristallin vers la cornรฉe au fil des ans. Selon lui, lโรฉpaisseur sagittale du noyau demeurerait constante au fil du temps alors que le diamรจtre transverse et le rayon de la courbure diminueraient. Les changements dans le cortex seraient reliรฉs aux changements dans le noyau. How Croft et Parker ont รฉtudiรฉ 60 cristallins post modem et ont observรฉ que le degrรฉ de courbure des deux faces du cristallin suivait la mรชme tendance avec lโรขge, la face postรฉrieure conservant une courbure plus prononcรฉe que celle de la face antรฉrieure, Ils ont observรฉ que la courbure des faces antรฉrieure et postรฉrieure diminuait (donc que le rayon de courbure augmentait) entre 20 et 60 ans. Il y aurait par la suite une lรฉgรจre augmentation de la courbure entre 60 et 80 ans. Ceci va donc ร lโencontre des conclusions de Brown [29]. IIs font lโhypothรจse que les cristallins des deux yeux dโun mรชme individu ont la mรชme courbure et, extrapolant leur analyse ร 120 cristallins au lieu des 60 observรฉs initialement, conclurent que la face antรฉrieure du cristallin serait typiquement hyperbolique et que la face postรฉrieure serait typiquement parabolique. Les constantes de courbure (dรฉfinissant le degrรฉ de sphรฉricitรฉ ou de non sphรฉricitรฉ) des deux faces seraient, de plus, relativement stables entre 20 et 80 ans. Les variations sur la constante de courbure avec les annรฉes observรฉes seraient peut-รชtre toutefois plus marquรฉes si lโanalyse avait รฉtรฉ faite sur les 60 cristallins du dรฉbut et non sur 120. Dubbelman et col. [35] confirment toutefois les observations de Brown concernant les rayons de courbure des faces du cristallin. Leur รฉtude utilise des donnรฉes recueillies in vivo, selon la mรชme technique que Brown [29] ; la camรฉra de Scheimpflug. Toutefois, Dubbelman et son รฉquipe ont mis au point une technique de correction des images prises ร lโaide de cette camรฉra. Aucune autre รฉquipe nโavait encore effectuรฉ ces corrections visant ร รฉliminer les biais causรฉs par lโangle dโincidence de la camรฉra et la puissance rรฉfractive des composantes optiques de lโลil. Cette technique devint donc beaucoup plus fiable. En corrigeant les images, ils en vinrent ร observer une diminution significative des rayons de courbure des faces avant et arriรจre du cristallin. Toutefois, la diminution du rayon de courbure de la face antรฉrieure du cristallin observรฉe par cette mรฉthode (57 ยตm par an) se fait de faรงon moins rapide que ne lโavait รฉvaluรฉ Brown (100 ยตm par an) [29]. Dubbelman et ses coรฉquipiers nโobservรจrent aucun changement significatif de la constante conique des deux faces du cristallin avec lโรขge ; elles demeurent en moyenne hyperboliques. Dans une de ses รฉtudes, Millodot se penche sur le rรดle du cristallin dans lโastigmatisme oblique, II appert que lโastigmatisme oblique chez les jeunes aphaques serait comparable ร celui des aphaques plus รขgรฉs [36]. Millodot conclut ainsi que lโastigmatisme oblique cornรฉen change peu au cours des ans. Il observa que lโastigmatisme oblique chez les aphaques รขgรฉs serait moindre que celui des non aphaques du mรชme groupe dโรขge. Ce phรฉnomรจne serait explicable par lโaplatissement de la partie centrale du cristallin et lโaugmentation de la courbure des rรฉgions pรฉriphรฉriques du cristallin. Millodot conclut que si lโastigmatisme augmente avec lโรขge, ce phรฉnomรจne est attribuable ร lโinfluence du cristallin plutรดt quโร celle de la cornรฉe.
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Table des matiรจres
INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : GENERALITES
I. RAPPELS ANATOMIQUES DE LโลIL
I.1. LE CORPS CILIAIRE
I.1.1. Formation
I.1.2. Description
I.1.3. Rรดle du corps ciliaire
I.2. LA RETINE
I.2.1. Description
I.2.2. Rรดle de la rรฉtine
I.3. LA SCLEROTIQUE
I.4. LA CORNEE
I.5. LA CHOROIDE
I.6. LโHUMEUR AQUEUSE
I.7. LโHUMEUR VITREE
I.8. LโIRIS
I.9. LA PUPILLE
II. EMBRYOLOGIE ET DEVELOPPEMENT DU CRISTALLIN
II.1. EMBRYOLOGIE DU CRISTALLIN
II.1.1. Formation de lโลil
II.1.2. Formation du cristallin
II.2 DEVELOPPEMENT DU CRISTALLIN
II.2.1Croissance du cristallin aprรจs la naissance
II.2.2 รpaississement du cristallin
II.2.3 Variation du profil du cristallin
II.3 ANATOMIE DU CRISTALLIN
II.3.1 Histologie
II.3.2 structure microscopique
II.3.2.1 La capsule
II.3.2.2 Lโรฉpithรฉlium
II.3.2.3 Les fibres cristalliniennes
III. PHYSIOLOGIE DU CRISTALLIN
III.1. VASCULARISATION
III.2. IMMUNOLOGIE DU CRISTALLIN NORMAL
III.3. COMPOSITION CHIMIQUE
III.4. EVOLUTION AVEC LโAGE ET PROPRIETES DE DIFFUSION
III.5. ACCOMODATION
III.5.1. Mรฉcanisme de lโaccommodation et du dรฉsaccommodation
III.5.2. Neurophysiologie de lโaccommodation
III.5.3. Pouvoir dโaccommodation
DEUXIEME PARTIE: LES ANOMALIES DE LA REFRACTION ; LES LUXATIONS ET LES CATARACTES
I. DEPLACEMENTS CONGENITAUX ET ACQUIS DU CRISTALLIN
I.1. DEPLACEMENT CONGENITAL
I.1.1. Syndrome de Marfan
I.1.2. Les autres microphaquies
I.2. LES DEPLACEMENTS ACQUIS
I.2.1. Secondaire ร un traumatisme
I.2.2. Secondaire ร une buphtalmie
I.3. AUTRES ETIOLOGIES
I.4. DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
I.5. TRAITEMENT
I.5.1. Extraction du cristallin
I.5.2. Lโimplant
Indication
Les complications des implants
II. LA CATARACTE
II.1. LES SIGNES CLINIQUES
II.2. LA CATARACTE CONGENITALE
II.2.1. La gรฉnรฉtique
II.2.2. Les formes cliniques
Altรฉration cristallinienne sans anomalie oculaire ni systรฉmique associรฉe
Cataractes partielles non syndromiques
Cataractes totales non syndromiques
Les associations oculaires
Les associations systรฉmiques
II.2.3. Traitement de la cataracte congรฉnitale
La technique chirurgicale
Implantation
Le suivi postopรฉratoire et la surveillance au long cours
II.3. LA CATARACTE ACQUISE
II.3.1. La cataracte sรฉnile
II.3.2. La cataracte traumatique
II.3.3. La cataracte iatrogรฉnique
La cataracte induite par les corticoรฏdes
Les antipsychotiques
Les antidรฉpresseurs
Les antinรฉoplasiques
Le mรฉthoxsalรจne
II.3.4. La cataracte post opรฉratoire
II.4. TRAITEMENT DES CATARACTES ACQUISES
II.4.1. Traitement curatif
II.4.2. Conseils prรจs et post-opรฉratoires
BIBLIOGRAPHIE
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