Le développement constitue une préoccupation centrale autant pour les pays riches que pour les pays que l’on qualifie pauvre. La croissance économique est une condition nécessaire mais non suffisante pour l’atteindre.Le fait de parler ce phénomène implique inéluctablement de parler la population. La croissance économique, quant à elle, est conditionnée par le travail de la population au même titre que le capital et les ressources naturelles. En effet, la croissance démographique apparait ou non comme une des facteurs déterminants de la croissance économique. On peut définir la croissance économique comme une augmentation de la production globale de la nation et on peut l’appréhender par le l’évolution du PIB. On attend par croissance démographique l’accroissement du nombre de la population entre deux périodes et elle dépende surtout de la taille de la population.
Depuis des siècles, plusieurs théories ont mis l’accent sur l’effet de la croissance démographique à la croissance économique. Bien évidemment, certaines théories avancent la thèse selon laquelleil existe un lien positif entre ces deux phénomènes et d’autresstipulent que la croissance démographique est une entrave à la croissance économique. En outre, même si un pays est considéré comme riche et avancé, la pauvreté y existe toujours mais sa forme et sa niveau qui différent chaque pays.
Au début des années 2000, le nombre de la population malgache s’est compté environ de 16 millions d’habitant et que ce chiffre augmente jusqu’à 18 millions environ en 2005.Des efforts ont été menés par le gouvernement malgache et les bailleurs de fonds pour relancer la croissance économique d’une part et de réduire la croissance démographique d’autre part. Selon la Banque mondiale, le taux d’accroissement de la population nationale est environ 3% par an alors que le taux de croissance du PIB par habitant était de 2% par an entre l’année 1990 et l’année 2000 ; n’arrive pas à le récompenser.
DEFINITIONS DE QUELQUES CONCEPTS
CONCEPTS SUR LA DEMOGRAPHIE
Pour comprendre l’évolution de la population, les analystes en utilisent plusieurs concepts tels que la transition démographique et les taux divers pour indiquer les phénomènes.
Transition démographique
Afin de comprendre l’évolution de la société, l’analyse démographique apparait sans doute comme l’un des éléments essentiels. Cette notion a été inventée par Adolphe LANDRY dans son ouvrage qui s’intitule « La révolution démographique », paru en 1934. La transition démographique ou passage démographique c’est un processus au cours duquel une population passe d’une phase de la croissance la phase de stagnation ; c’est comme un déséquilibre entre deux régimes. Durant la société traditionnelle, les niveaux de taux de mortalité et le niveau de taux de natalité sont presque voisin alors qu’il n’y a plus de croissance de croissance de la population. Si le programme de l’Etat s’accentue sur la diminution du taux de mortalité sans réduire celui de natalité, la croissance démographique s’accélère. Mais il y a des périodes que les taux se rejoignent à un même niveau mais à des niveaux très bas ; la population stagne. C’est ce schéma qu’Adolphe a dit transition démographique et il la représente en quatre phases.
La démographie à l’état primitif, cette étape correspond a une croissance faible de la population à cause d’une natalité et mortalité généralement élevée. Les populations concernées sont caractérisées par des modes de vie sans aucune contrainte au niveau culturel, économique ou politique.
En général, ce type de croissance est devenu très rare car la plupart des sociétés ont dépassés ce stade pour évoluer ver l’étape moderne. Après avoir passé par la transition démographique. En effet, les pays en achevés leur transition démographique dont l’accroissement naturel est devenu faible, le taux de fécondité est bas ave limitation volontaire des naissances. Ce phénomène est expliqué par plusieurs facteurs socioéconomiques.
L’exode rural
Ce terme désigne la migration des habitants des zones rurales, etprincipalement de la population agricole, vers les zones urbaines.Exode signifie dans son sens un départ en masse, par référence à l’exode desHébreux hors d’Égypte. Sous cette appellation dramatique, lancée par lesdéfenseurs des valeurs traditionnelles au siècle dernier, on désigne le plus souventla migration des ruraux vers les villes. Ce mouvement devrait être d’une manière continue et importante. En plus, plusieurs raisons poussent les gens à immigrer telles que des raisons économiques, historiques et sociales.
Le taux démographique et la croissance démographique
Pour étudier l’évolution de la population, les analystes utilisent plusieurs outils et plusieurs notions afin de désigner la présence des phénomènes.
La croissance démographique
Certains spécialistes comme les démographes, les économistes ont utilisé le taux de fécondité pour mesurer la croissance de la population. Ce taux se définit comme le nombre moyen d’enfants qu’une femme pourrait avoir pendant ses années de procréation. Lorsque l’indice synthétique de fécondité est en dessous du seuil de remplacement , on dit que la croissance démographique est faible. En général, la croissance démographique est mesurée en termes relatifs et en termes absolus. Elle se réfère toujours au mouvement de la taille d’une population pouvant être négative ou positive au bout de certain temps. La mesure absolue se fait tout simplement par la différence en nombre de la population de deux années différentes et la mesure relative s’est toujours en pourcentage.
Le taux d’accroissement naturel
Le taux d’accroissement naturel se définit à travers la différence entre le taux de natalité et le taux de mortalité.D’après COUTROT Thomas :« Le taux d’accroissement naturel d’une population est la différence entre les taux bruts de natalité et de mortalité qui rapportent respectivement les naissances et les décès à la population totale. Mais il s’agit d’une mesure frustes qui ne prennent pas en compte les effets de structure ; ainsi ; toutes choses égales par ailleurs, une population plus âgée aura un taux de mortalité plus élevé qu’une autre, et , en sens inverse, une population jeune aura un taux de natalité brut supérieur, en raison tout simplement de la proportion plus grande de femmes en âge de procréer »On constate également que le taux de natalité dépasse le taux de mortalité dans son ensemble. Le taux de natalité se définit tout simplement comme le rapport du nombre des naissances à l’effectif total de la population dans un temps donné pour 1000 habitants.
NOTIONS AUTOUR DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE
De nombreux phénomènes sont liés à la croissance économique comme le développement économique. Mais qu’y a-t-il de différence entre eux ? Le fait de dire qu’un pays est développé implique qu’il n’y ait pas de pauvreté.
Développement économique
Selon François PERROUX : « le développement est la combinaison des changements mentaux et sociaux d’une population qui la rendent aptes à faire croître, cumulativement et durablement son produit global ». Pour désigner la croissance économique, on utilise parfois le terme développement économique. Néanmoins, le développement économique n’est pas forcément un phénomène économique et social. On peut assimiler ce phénomène à un processus d’accumulation régulière des richesses et une hausse des revenus et de l’emploi. Le développement économique exige des conditions préalables l’existence d’un système dans lequel on peut accumuler les richesses et accroitre les bienêtre. Pourtant, l’accumulation des richesses a besoin d’autres ressources comme l’infrastructure, l’institution, financière. Le terme développement économique est employé techniquement pour indiquer les effets complexes de la croissance. En effet, le développement économique désigne les évolutions positives dans les changements structurels d’une zone géographique ou d’une population : démographiques, techniques, industriels, sanitaires, culturels, sociaux… De tels changements engendrent l’enrichissement de la population et l’amélioration des conditions de vie. C’est la raison pour laquelle le développement économique est associé au progrès. Il désigne également les transformations des types de biens produits, les méthodes pour les produire et la structure de l’emploi.
Croissance économique
Définition
Selon Jean-Pierre TESTENOIRE : « La croissance économique caractérise l’augmentation durable de la richesse produite, ou l’accroissement de la production globale sur un territoire ou dans une économie nationale. Cette augmentation (qui peut être irrégulière et subir des fluctuations) est un phénomène quantitatif qui peut être mesurée en volume ou en valeur par l’évolution d’agrégats tel que le PIB. Cette croissance quantitative se traduit notamment pour les ménages par l’augmentation du niveau de vie. Le développement est mouvement continu sur le long terme, de nature qualitative et quantitative, qui modifie durablement les structures économiques, sociales et démographiques de la société. Cependant le développement s’appuie sur la croissance, et la prolonge en modifiant sa nature et ses effets. Le niveau de développement et de bien-être des différentes nations s’apprécie par des indicateurs spécifiques (IDH et IPH). … ».En effet, la croissance économique signifie tout simplement comme une hausse du revenu par tête et du produit national brut ; et l’élévation de la production de biens et services par quelques moyens. La croissance économique est une condition nécessaire mais non suffisante du développement. Elle permet d’accroitre le choix du consommateur ou de l’utilisateur de service et permet sous certaines conditions d’assurer plus de justice et d’égalité sociale.Elle désigne également l’augmentation des grandeurs économiques significatives (PIB, PNB, PIB/Habitant, investissement).Bref, la croissance est représentée par la hausse continue de la production en volume sur une longue période.
Le progrès économique se définit comme une étape où on assiste à une meilleure satisfaction des besoins de la population dans son ensemble. Dans ce cas, le progrès économique exige une croissance économique à long terme.
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Table des matières
INTRODUCTION
PARTIE I : CONCEPTS ET DEBATS THEORIQUES SUR LES LIENS ENTRE CROISSANCE ECONOMIQUE, CROISSANCE DEMOGRAPHIQUE ET LA PAUVRETE
Chapitre I : DEFINITIONS DE QUELQUES CONCEPTS
I CONCEPTS SUR LA DEMOGRAPHIE
I.1 Transition démographique
I.2 L’exode rural
I.3 Le taux démographique et la croissance démographique
I.3.1 La croissance démographique
I.3.2 Le taux d’accroissement naturel
II NOTIONS AUTOUR DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE
II.1 Développement économique
II.2 Croissance économique
II.2.1 Définition
II.2.2 Les différentes stratégies de croissance
II.2.2.1 La stratégie de croissance équilibré
II.2.2.1.1 Le modèle de HARROD-DOMAR
II.2.2.1.2 Le modèle de néoclassique (SOLOW)
II.2.2.2 La stratégie de croissance optimale
II.3 Pauvreté
II.3.1 Mesures de la pauvreté
II.3.1.1 La phase d’identification
II.3.1.1.1 L’approche absolue
II.3.1.1.2 L’approche relative
II.3.1.1.3 L’approche de capacité de SEN
II.3.1.1.4 L’approche subjective
II.3.1.2 La phase d’agrégation
II.3.2 Les indices de la pauvreté
II.3.2.1 Indicateur au seuil de pauvreté relative
II.3.2.2 La ligne de pauvreté de LEYDEN
II.3.2.3 Head Count Ratio et l’Income Gap Ratio
II.3.3 Spirale pauvreté, population et démographie
II.3.4 Elargissement du concept de la pauvreté
Chapitre II : DEBATS THEORIQUES SUR LE LIEN ENTRE CROISSANCE ECONOMIQUE ET CROISSANCE DEMOGRAPHIQUE
I LA DEMOGRAPHIE : BLOCAGE DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE
I.1 La thèse malthusienne de la population
I.2 Le néo-malthusianisme et le prolongement de Malthus
II LA DEMOGRAPHIE : FACTEUR DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE
II.1 Le populationniste
II.2 La théorie de l’optimum de population
III UNE VALORISATION DU CAPITAL HUMAIN ?
PARTIE II : ETAT DE LA SITUATION A MADAGASCAR
Chapitre III : CROISSANCE DEMOGRAPHIQUE ET LES FACTEURS SOCIO-DEMOGRAPHIQUES DE LA PAUVRETE
I LA CROISSANCE DEMOGRAPHIQUE
I.1 L’espérance de vie à la naissance
I.2 Le taux de mortalité et le taux de natalité
I.3 Evolution du nombre de la population depuis l’année 1960
I.4 Population et pauvreté à Madagascar
II LES FACTEURS SOCIO-DEMOGRAPHIQUES DE LA PAUVRETE
II.1 L’éducation primaire à Madagascar
II.2 L’enseignement supérieur et la recherche scientifique
II.3 Population et Accès au système sanitaire à Madagascar
II.4 Population et emploi à Madagascar
Chapitre IV : LA PAUVRETE SELON LA CROISSANCE DEMOGRAPHIQUE ET LA CROISSANCE DE LA PRODUCTION RIZICOLE
I LA PRODUCTION RIZICOLE ET LA CROISSANCE DEMOGRAPHIQUE
I.1 Evolution de la production rizicole
I.2 Les atouts et la contrainte de cette filière
I.2.1 Les atouts de la filière
I.2.2 Les contraintes de la filière
I.3 Le rendement rizicole à Madagascar
I.4 L’évolution de la consommation du riz à Madagascar
I.5 L’évolution du prix du riz à Madagascar
I.6 La pauvreté alimentaire et la forte croissance démographique
I.7 Etude économétrique
II LES POLITIQUES DE REEQUILIBRAGE
II.1 Accroitre la production nationale
II.1.1 La Stratégie Nationale du Développement Rizicole
II.1.1.1 Les objectifs visés de la SNDR
II.1.1.2 Les stratégies par sous-secteur
II.1.1.2.1 Les semences
II.1.1.2.2 Les Engrais
II.1.1.2.3 L’irrigation
II.1.1.2.4 La Mécanisation
II.1.1.2.5 Le financement rural
II.1.2 Trouver des céréales substituants du riz
II.1.2.1 Les raisons en faveur
II.1.2.2 Les céréales substituts du riz
II.2 Améliorer le niveau de vie de la population
II.2.1 La politique nationale de la population de 1990-2001
II.2.2 La politique nationale de la population depuis 2002
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIES
ANNEXES